Archives du blog

Entreprenariat Agricole : 25 jeunes béninois diplômés à l’école des paysans

Ils sont tous venus de Cotonou, de Porto Novo, de Glazoué, de Dogbo et de Parakou. Ils ont au moins le niveau licence en sciences agronomiques, sciences juridiques, sciences économiques et sciences humaines. Ils ont décidé de faire de l’agriculture leur métier professionnel tout en respectant l’environnement. Ils ont laissé ordinateurs, stylos, cahiers, blousse et les livres à la maison. Ils ont pris la houe, les bottes et les machettes pour aller à l’école des paysans. (suite…)

La problématique des jeunes ruraux en Afrique: Quoi retenir ?

Le chômage et le sous-emploi des jeunes et leur engagement dans les mouvements terroristes ont poussé certains acteurs à s’intéresser depuis quelques années à la question de « Jeunes ruraux ». Cette même question constitue une réflexion  permanente pour les organisations paysannes qui s’interrogent sur la « relève de l’activité » pour faute de main d’œuvre non disponible. (suite…)

MONDEHOU Dandjèkpè, un agriculteur familial modèle pour les jeunes béninois

Il y a quelques semaines, j’ai effectué un voyage à but professionnel à Djakotomey, une commune au Sud du Bénin dont résident majoritairement les ethnies Adja. Préoccupé par la baisse de productivité du maïs dans la zone, j’ai décidé de faire une enquête auprès des producteurs de la zone pour en connaître les causes. Mon travail consistait à aller dans six villages dans six arrondissements pour s’entretenir avec quelques agriculteurs familiaux. (suite…)

Agriculture Climato-Intelligente, Parlons-en !!!

Au coeur des grands forums, des conférences et discussions, l’Agriculture Climato-Intelligente ou l’agriculture intelligente face au climat (climat smart agriculture en englais) est une nouvelle approche developpée et promue par plusieurs institutions internationales et merite qu’on interesse.

Emergence de l’Agriculture Climato-Intelligente

Selon les documents de la FAO sur l’ Agriculture Climato-Intelligente, on retient que la population mondiale augmentera d’un tiers entre aujourd’hui et l’an 2050 surtout dans les pays en développement. Les villes seront plus d’avantage inondées. Il faudra augmenter la production agricole de 60% d’ici à 2050 pour satisfaire la demande prévue pour l’alimentation humaine et animale. Ainsi, l’agriculture doit se transformer pour pouvoir nourrir une population mondiale sans cesse croissante et fournir les bases de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.

Le changement climatique rendra cette tâche plus difficile dans le contexte d’un scenario tendanciel, en raison des impacts négatifs sur l’agriculture, obligeant constamment à mettre en œuvre des actions coûteuses d’adaptation.

Améliorer la sécurité alimentaire tout en contribuant à l’atténuation du changement climatique et à la protection des ressources naturelles, ainsi que des services écosystémiques vitaux, requiert une transition vers des systèmes de production agricole plus productifs, utilisant plus efficacement les intrants, avec une production moins variable et plus stable, plus résilients face aux risques, aux chocs et à la variabilité climatiques de long terme.

Une agriculture plus productive et résiliente nécessite un changement majeur dans les pratiques de gestion des terres, de l’eau, des nutriments du sol et des ressources génétiques, afin de s’assurer que ces ressources sont gérées plus efficacement : Agriculture Climato-Intelligente a vu le jour.

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Définition de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat est une approche conçue pour développer les conditions techniques, politiques et d’investissement nécessaires pour atteindre une agriculture durable répondant aux enjeux de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique. La magnitude, l’immédiateté et le large spectre des effets du changement climatique sur les systèmes agricoles créent un besoin impérieux d’assurer l’intégration complète de ces effets dans la planification, la programmation et les investissements agricoles nationaux. L’agriculture intelligente face au climat est conçue pour identifier et opérationnaliser le développement de l’agriculture durable en tenant compte explicitement des paramètres du changement climatique.

Cette approche a pour but d’encourager et d’accompagner les agriculteurs, les pays ainsi que les autres acteurs dans la mise en œuvre de politiques et mesures pour :

  • augmenter de façon durable la productivité agricole et les revenus des agriculteurs afin d’atteindre les objectifs nationaux de sécurité alimentaire et de développement ;
  • renforcer la résilience et l’adaptation des systèmes agricoles et alimentaires au changement climatique ;
  • atténuer les émissions de gaz à effet de serre et augmenter l’absorption du carbone.

Dix (10) points capitaux de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat n’est pas une unique technologie ou pratique agricole spécifique pouvant être appliquée universellement. C’est une approche qui nécessite des évaluations spécifiques au site d’intervention pour identifier les technologies et pratiques agricoles appropriées.

Cette approche:

  1. aborde les défis complexes et interdépendants que sont la sécurité alimentaire, le développement et le changement climatique et identifie des options intégrées créant des synergies et impacts bénéfiques, tout en réduisant la nécessité de faire les incompatibilités;
  2. reconnaît que ces options seront façonnées par les contextes et les capacités propres à chaque pays, ainsi que par les situations sociale, économique et environnementale particulières où elles seront appliquées;
  3. évalue les interactions entre les secteurs ainsi que les besoins des différentes parties prenantes;
  4. identifie les obstacles à l’adoption, en particulier chez les agriculteurs et fournit des solutions appropriées en termes de politiques, stratégies, actions et des mesures incitatives;
  5. cherche à créer des conditions favorables à travers une meilleure harmonisation des politiques, des investissements financiers et des dispositifs institutionnels;
  6. vise à atteindre plusieurs objectifs, étant entendu que des priorités doivent être fixées et que des décisions collectives doivent être prises sur différents avantages et inconvénients;
  7. devrait donner la priorité au renforcement des moyens de subsistance, en particulier ceux des petits exploitants, en améliorant l’accès aux services, à la connaissance, aux ressources (y compris les ressources génétiques), aux produits financiers et aux marchés;
  8. aborde l’adaptation et renforce la résilience aux chocs, en particulier ceux liés au changement climatique, car l’ampleur des impacts du changement climatique a des implications majeures pour le développement agricole et rural;
  9. considère l’atténuation du changement climatique comme un cobénéfice potentiel secondaire, en particulier pour les populations agricoles à faibles revenus;
  10. cherche à identifier des opportunités pour l’accès aux financements sur le climat et les intégrer aux sources traditionnelles de financement de l’investissement agricole.

L’agriculture intelligente face au climat rassemble des pratiques, politiques et institutions qui ne sont pas forcément nouvelles, mais qui sont mobilisées dans e contexte des changements climatiques, qui ne sont pas familiers aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs.

Des défis restent à relever

Les défis sont nombreux. L’implication des producteurs, notamment dans les pays en développement, est tout sauf évidente. Afin de soutenir leur capacité adaptative, les institutions locales et nationales doivent également être renforcées. Selon Emmanuel Torquebiau, chercheur au Cirad , « si des efforts en matière de politiques publiques et de finance ne sont pas d’actualité alors les options techniques ne pourront avoir d’effet sur le long terme ».

Agriculture Climato-Intelligente au coeur des débats

La 3e Conférence scientifique mondiale sur l’agriculture climato-intelligente se tient à Montpellier, France, du 16 au 18 mars 2015 . Cet événement majeur a pour objectif d’approfondir et d’actualiser les connaissances scientifiques sur l’ensemble des problématiques de l’agriculture climato-intelligente. Elle permettra de dresser un futur agenda de la recherche, d’éclairer les décideurs et de proposer des actions pour l’avenir.

Bibliographie

Leslie Lipper, Philip Thornton, Bruce M. Campbell, Tobias Baedeker, Ademola Braimoh, Martin Bwalya, Patrick Caron, Andrea Cattaneo, Dennis Garrity, Kevin Henry, Ryan Hottle, Louise Jackson, Andrew Jarvis, Fred Kossam, Wendy Mann, Nancy McCarthy, Alexandre Meybeck, Henry Neufeldt, Tom Remington, Reynolds Shula, Pham Thi Sen, Reuben Sessa, Austin Tibu and Emmanuel F. Torquebiau, Climate-smart agriculture for food security, Nature Climate Change 4, 1068–1072 (2014) doi:10.1038/nclimate2437

http://www.fao.org/climatechange/climatesmart/fr/

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2015/conference-agriculture-climato-intelligente

http://csa2015.cirad.fr/

Mettre les agriculteurs familiaux au centre du développement territorial

Les agricultrices et les agriculteurs familiaux sont, à la fois, les premiers acteurs d’un monde rural attractif et dynamique et les garants de la sécurité alimentaire de leurs territoires.
Au vu du rôle clef de l’agriculture familiale dans la lutte contre la faim et contre la pauvreté nous souhaitons qu’elle soit intégrée dans l’agenda des programmes de développement international. Ainsi nous réclamons :

  1.  La reconnaissance du rôle des agriculteurs familiaux dans l’entretien du paysage et la
    conservation des ressources naturelles.
  2. La reconnaissance, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable (ODD) post 2015, de l’agriculture familiale comme l’un des moyens de mise en œuvre de l’objectif relatif à la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable.
  3. La déclinaison du rôle économique, social et environnemental de l’agriculture familiale dans les indicateurs relatifs à l’objectif « sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable ».
Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

L’ancrage territorial, la dimension humaine et la notion de durabilité dans l’acte de transmission, sont des valeurs véhiculées par l’agriculture familiale pour affronter les défis environnementaux et climatiques à venir. Forts de ces valeurs, nous demandons que :

  • Les politiques nationales et internationales concentrent leurs efforts vers des mesures
    d’adaptation au réchauffement climatique, comme l’amélioration du stockage de l’eau et des techniques d’irrigation, la mise à disposition de dispositifs de gestion des risques, etc.

Garante de la sécurité alimentaire de son territoire, l’agriculture familiale permet de répondre aux défis quantitatif et qualitatif des besoins alimentaires mondiaux. Parce qu’aujourd’hui la majorité de la population est urbaine et que la croissance démographique devrait être principalement concentrée dans les villes, il est indispensable que les gouvernements :

  • Développent les synergies entre politiques sociales, économiques et agricoles, en faveur de
    politiques alimentaires cohérentes entre villes et zones rurales.
  • Mettent en place des politiques de limitation de l’étalement urbain pour permettre un
    développement cohérent des zones urbaines et rurales.
  • Assurent une modernisation des infrastructures et des services des territoires ruraux pour
    développer l’attractivité des campagnes, limiter l’exode rural et favoriser un  développement équilibré des territoires.

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations de type familial

Alors que les jeunes agriculteurs sont au cœur des enjeux de modernisation des politiques agricoles, le renouvellement des générations en agriculture rencontre globalement de grandes difficultés d’ordre économique, politique et culturel. Parce que l’installation des jeunes sur des exploitations familiales doit être une priorité, nous demandons que les politiques agricoles nationales :

  • S’appuient sur des programmes d’enseignement et de formation agricoles, représentatifs de la diversité des pratiques agricoles nationales, valorisés par l’obtention d’un diplôme
    reconnu par l’Etat. Ces programmes doivent permettre aux jeunes agriculteurs de réussir
    leur projet professionnel, sur leur exploitation, dans leurs organisations collectives et sur leur territoire.
  • Permettent l’élaboration de programme d’accompagnement à l’installation des jeunes
    agriculteurs, proposant des aides financières et techniques.
  • Favorisent l’accès des jeunes aux moyens de production, aux marchés, aux financements, à la formation continue et à l’accompagnement technique.
  • Développent des campagnes de sensibilisation et de promotion du métier d’agriculteur auprès des jeunes ruraux et des jeunes urbains.
  • Assurent une liberté syndicale et la protection du droit syndical des jeunes agriculteurs, prévue par la Convention n°87 de l’OIT et mettent à disposition des programmes de soutiens technique et financier pour le regroupement syndical des jeunes agriculteurs.
  • Favorisent la mise en place de synergies entre les secteurs publiques et privés pour favoriser l’installation des jeunes agriculteurs.

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La durabilité et la transmission des exploitations familiales sont aujourd’hui de plus en plus menacées par l’appropriation des moyens de production par des capitaux extérieurs. Le maintien d’une agriculture familiale doit être garanti par l’accessibilité des jeunes candidats à l’installation aux moyens de productions. Afin de garantir l’accès au foncier et aux crédits des jeunes agriculteurs familiaux, nous demandons :

  1. La prise en compte effective des Directives Volontaires pour la Gouvernance Foncière,
    adoptée en 2012 par le CSA, dans les législations nationales.
  2. Un soutien à la coopération intergénérationnelle, qui permette la transmission des savoirs, la coopération et l’entraide entre les générations pour faciliter le renouvellement des
    générations et la transmission du foncier.
  3. Un soutien au développement des banques agricoles et aux dispositifs de mutualisation.
  4. La mise en place de systèmes de crédits préférentiels, dont les taux d’intérêts réels doivent
    rester en dessous de valeurs à deux chiffres, pour les jeunes candidats à l’installation
    disposant d’un projet viable et vivable. Une souplesse doit être accordée aux jeunes en
    termes de report d’échéance.
  5. La mise en place de système de capitalisation bancaire, facilitant l’obtention des prêts à taux avantageux pour les jeunes agriculteurs. Les institutions supranationales doivent proposer des garanties bancaires pour les jeunes, sécurisant leurs contrats de prêts avec des banques nationales.

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Reconnaissance sociale, économique et juridique des agriculteurs familiaux

Alors que les agriculteurs familiaux représentent 40% de la population active mondiale, leur métier n’est pas suffisamment valorisé. Sa reconnaissance sociale, économique et juridique, aux niveaux national et international, est fondamentale pour répondre aux enjeux alimentaires mondiaux et enrayer la destruction des emplois agricoles. Cette reconnaissance constitue la base de tout engagement professionnel. Nous interpellons ainsi :

  •  Tous les gouvernements pour qu’ils offrent une véritable reconnaissance juridique au métier d’agriculteur dans leurs législations nationales et qu’ils mettent en place des politiques de soutien spécifiques en faveur des modèles familiaux.
  • L’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour intégrer une reconnaissance du métier d’agriculteur dans les normes internationales du travail. Nous souhaitons que la Conférence Internationale du Travail, assemblée qui élabore, adopte et révise les normes internationales du travail, adopte un protocole reconnaissant le métier d’agriculteur dans la convention n°141 sur l’organisation des travailleurs ruraux.

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Le regroupement et l’organisation collective des agriculteurs permettent de renforcer la capacité de négociation des agricultrices et des agriculteurs. L’organisation économique des producteurs facilite la structuration des filières agricoles et favorise la stabilité des revenus. Afin de garantir le droit d’organisation et de négociation collective des agriculteurs nous réclamons que les gouvernements :

  • Favorisent le regroupement économique et syndical des producteurs, pour renforcer leurs
    capacités de négociation et la stabilisation de leurs revenus.
  • Veillent à soutenir la création de coopératives de jeunes agriculteurs ou de sections jeunes
    dans les coopératives préexistantes.
  • Accompagnent des projets permettant aux agriculteurs d’augmenter la création de valeur
    ajoutée sur leurs exploitations, via des démarches collectives innovantes en matière de
    production et de commercialisation.
  • Mettent en vigueur le droit d’organisation et de négociation collective, prévue par la
    Convention n° 98 de l’OIT, pour l’ensemble des organisations agricoles.

Les agricultrices et les agriculteurs familiaux sont des acteurs majeurs de la dynamique des territoires. Les responsabilités qu’ils assument justifient qu’ils aient un rôle déterminant dans les politiques agricoles et commerciales, du niveau local au niveau international. Face à la multiplication des accords bilatéraux et afin d’améliorer la représentation et la capacité de propositions de la profession agricole dans les instances de gouvernance, nous proposons :

  1. La création d’un mécanisme de représentation des agriculteurs au sein du Comité sécurité
    alimentaire (CSA). Nous proposons donc à la FAO de faire du CSA un lieu de concertation
    équilibré entre les acteurs qui sont au cœur de la sécurité alimentaire.
  2.  La réactivation des réunions ministérielles agricoles au sein du G20. Parallèlement, nous
    proposons de constituer un groupe de réflexion constitué de représentants d’organisations
    agricoles, le F20, contribuant aux réflexions initiées par les réunions ministérielles.
  3. La mise en place un dispositif de représentation de la profession agricole au sein du Forum
    de réaction rapide et du Système d’information sur les marchés agricoles (SIMA ou AMIS),
    créés par le G20 et abrités au sein de la FAO.
  4. D’engager une réflexion internationale des jeunes agriculteurs sur les échanges commerciaux internationaux, visant à proposer des solutions pour stopper leurs impacts négatifs sur les conditions sociales et économiques d’exercice de l’agriculture, le maintien de la diversité des produits et des modèles de production, des savoir-faire et la sécurité du revenu de tous les agriculteurs sur leur territoire

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Igname, une culture à valeur cultuelle et culturelle

Consommée sous forme bouillie, braisée ou pilée (foutou) selon les variétés, l’igname est l’une des rares spéculations au Bénin dont l’importance va au-delà de la simple contribution à l’alimentation des populations. En effet, de nombreux rites et croyances sont liés à sa production.

igname

A Pobè au par exemple, il existe la fête d’Ogbodo qui est la plus grande réjouissance populaire au cours de laquelle on présente la nouvelle igname à Olongo, le principal dieu de la communauté Anago ; même chose à Kétou pour le fétiche Aagbona le dieu central du panthéon local.

A Savè par contre, la récolte ne donne pas lieu exclusivement à des festivités ; c’est à la sortie de la nouvelle igname que s’organisent les festivals d’Oro et Odudua.

Dans la partie septentrionale du pays,  la « fête des ignames » consiste à offrir d’abord la 1ère récolte aux divinités avant que le commun des mortels ne commence par en consommer. La fête du 15 Aout à Savalou en une belle illustration.

Par ailleurs, plusieurs pratiques culturelles sont associées aux variétés d’ignames. Par exemple, chez les Bariba, une ethnie dominante dans la partie septentrionale du pays, les variétés Kinkérégou et Kankérou (en langue locale) sont utilisées comme tests culinaires pour la mariée lors des cérémonies nuptiales ; c’est l’igname avec laquelle les fiancées font à leurs futurs époux la démonstration de leur aptitude à faire la cuisine.

De même, d’autres variétés sont obligatoires offertes à la belle-famille par les nouveaux mariés. Par contre chez les ethnies Gando, l’apparition de la variété locale dénommée Droubayessirou (développement anormal) est annonciateur de malédiction.

Malgré sa valeur cultuelle et culturelle, l’igname est rentrée aujourd’hui dans les habitudes alimentaires de toute la population béninoise surtout l’igname pilée. C’est le lieu d’exhorter les décideurs politiques à se pencher sur le développement de cette filière car elle a bénéficié de moins d’attention de la part des pouvoirs publics et institutions de recherche.