Archives de Catégorie: Sécurité Alimentaire

MONDEHOU Dandjèkpè, un agriculteur familial modèle pour les jeunes béninois

Il y a quelques semaines, j’ai effectué un voyage à but professionnel à Djakotomey, une commune au Sud du Bénin dont résident majoritairement les ethnies Adja. Préoccupé par la baisse de productivité du maïs dans la zone, j’ai décidé de faire une enquête auprès des producteurs de la zone pour en connaître les causes. Mon travail consistait à aller dans six villages dans six arrondissements pour s’entretenir avec quelques agriculteurs familiaux. (suite…)

Agriculture Climato-Intelligente, Parlons-en !!!

Au coeur des grands forums, des conférences et discussions, l’Agriculture Climato-Intelligente ou l’agriculture intelligente face au climat (climat smart agriculture en englais) est une nouvelle approche developpée et promue par plusieurs institutions internationales et merite qu’on interesse.

Emergence de l’Agriculture Climato-Intelligente

Selon les documents de la FAO sur l’ Agriculture Climato-Intelligente, on retient que la population mondiale augmentera d’un tiers entre aujourd’hui et l’an 2050 surtout dans les pays en développement. Les villes seront plus d’avantage inondées. Il faudra augmenter la production agricole de 60% d’ici à 2050 pour satisfaire la demande prévue pour l’alimentation humaine et animale. Ainsi, l’agriculture doit se transformer pour pouvoir nourrir une population mondiale sans cesse croissante et fournir les bases de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.

Le changement climatique rendra cette tâche plus difficile dans le contexte d’un scenario tendanciel, en raison des impacts négatifs sur l’agriculture, obligeant constamment à mettre en œuvre des actions coûteuses d’adaptation.

Améliorer la sécurité alimentaire tout en contribuant à l’atténuation du changement climatique et à la protection des ressources naturelles, ainsi que des services écosystémiques vitaux, requiert une transition vers des systèmes de production agricole plus productifs, utilisant plus efficacement les intrants, avec une production moins variable et plus stable, plus résilients face aux risques, aux chocs et à la variabilité climatiques de long terme.

Une agriculture plus productive et résiliente nécessite un changement majeur dans les pratiques de gestion des terres, de l’eau, des nutriments du sol et des ressources génétiques, afin de s’assurer que ces ressources sont gérées plus efficacement : Agriculture Climato-Intelligente a vu le jour.

Logo E.T Climate

Définition de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat est une approche conçue pour développer les conditions techniques, politiques et d’investissement nécessaires pour atteindre une agriculture durable répondant aux enjeux de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique. La magnitude, l’immédiateté et le large spectre des effets du changement climatique sur les systèmes agricoles créent un besoin impérieux d’assurer l’intégration complète de ces effets dans la planification, la programmation et les investissements agricoles nationaux. L’agriculture intelligente face au climat est conçue pour identifier et opérationnaliser le développement de l’agriculture durable en tenant compte explicitement des paramètres du changement climatique.

Cette approche a pour but d’encourager et d’accompagner les agriculteurs, les pays ainsi que les autres acteurs dans la mise en œuvre de politiques et mesures pour :

  • augmenter de façon durable la productivité agricole et les revenus des agriculteurs afin d’atteindre les objectifs nationaux de sécurité alimentaire et de développement ;
  • renforcer la résilience et l’adaptation des systèmes agricoles et alimentaires au changement climatique ;
  • atténuer les émissions de gaz à effet de serre et augmenter l’absorption du carbone.

Dix (10) points capitaux de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat n’est pas une unique technologie ou pratique agricole spécifique pouvant être appliquée universellement. C’est une approche qui nécessite des évaluations spécifiques au site d’intervention pour identifier les technologies et pratiques agricoles appropriées.

Cette approche:

  1. aborde les défis complexes et interdépendants que sont la sécurité alimentaire, le développement et le changement climatique et identifie des options intégrées créant des synergies et impacts bénéfiques, tout en réduisant la nécessité de faire les incompatibilités;
  2. reconnaît que ces options seront façonnées par les contextes et les capacités propres à chaque pays, ainsi que par les situations sociale, économique et environnementale particulières où elles seront appliquées;
  3. évalue les interactions entre les secteurs ainsi que les besoins des différentes parties prenantes;
  4. identifie les obstacles à l’adoption, en particulier chez les agriculteurs et fournit des solutions appropriées en termes de politiques, stratégies, actions et des mesures incitatives;
  5. cherche à créer des conditions favorables à travers une meilleure harmonisation des politiques, des investissements financiers et des dispositifs institutionnels;
  6. vise à atteindre plusieurs objectifs, étant entendu que des priorités doivent être fixées et que des décisions collectives doivent être prises sur différents avantages et inconvénients;
  7. devrait donner la priorité au renforcement des moyens de subsistance, en particulier ceux des petits exploitants, en améliorant l’accès aux services, à la connaissance, aux ressources (y compris les ressources génétiques), aux produits financiers et aux marchés;
  8. aborde l’adaptation et renforce la résilience aux chocs, en particulier ceux liés au changement climatique, car l’ampleur des impacts du changement climatique a des implications majeures pour le développement agricole et rural;
  9. considère l’atténuation du changement climatique comme un cobénéfice potentiel secondaire, en particulier pour les populations agricoles à faibles revenus;
  10. cherche à identifier des opportunités pour l’accès aux financements sur le climat et les intégrer aux sources traditionnelles de financement de l’investissement agricole.

L’agriculture intelligente face au climat rassemble des pratiques, politiques et institutions qui ne sont pas forcément nouvelles, mais qui sont mobilisées dans e contexte des changements climatiques, qui ne sont pas familiers aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs.

Des défis restent à relever

Les défis sont nombreux. L’implication des producteurs, notamment dans les pays en développement, est tout sauf évidente. Afin de soutenir leur capacité adaptative, les institutions locales et nationales doivent également être renforcées. Selon Emmanuel Torquebiau, chercheur au Cirad , « si des efforts en matière de politiques publiques et de finance ne sont pas d’actualité alors les options techniques ne pourront avoir d’effet sur le long terme ».

Agriculture Climato-Intelligente au coeur des débats

La 3e Conférence scientifique mondiale sur l’agriculture climato-intelligente se tient à Montpellier, France, du 16 au 18 mars 2015 . Cet événement majeur a pour objectif d’approfondir et d’actualiser les connaissances scientifiques sur l’ensemble des problématiques de l’agriculture climato-intelligente. Elle permettra de dresser un futur agenda de la recherche, d’éclairer les décideurs et de proposer des actions pour l’avenir.

Bibliographie

Leslie Lipper, Philip Thornton, Bruce M. Campbell, Tobias Baedeker, Ademola Braimoh, Martin Bwalya, Patrick Caron, Andrea Cattaneo, Dennis Garrity, Kevin Henry, Ryan Hottle, Louise Jackson, Andrew Jarvis, Fred Kossam, Wendy Mann, Nancy McCarthy, Alexandre Meybeck, Henry Neufeldt, Tom Remington, Reynolds Shula, Pham Thi Sen, Reuben Sessa, Austin Tibu and Emmanuel F. Torquebiau, Climate-smart agriculture for food security, Nature Climate Change 4, 1068–1072 (2014) doi:10.1038/nclimate2437

http://www.fao.org/climatechange/climatesmart/fr/

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2015/conference-agriculture-climato-intelligente

http://csa2015.cirad.fr/

Mettre les agriculteurs familiaux au centre du développement territorial

Les agricultrices et les agriculteurs familiaux sont, à la fois, les premiers acteurs d’un monde rural attractif et dynamique et les garants de la sécurité alimentaire de leurs territoires.
Au vu du rôle clef de l’agriculture familiale dans la lutte contre la faim et contre la pauvreté nous souhaitons qu’elle soit intégrée dans l’agenda des programmes de développement international. Ainsi nous réclamons :

  1.  La reconnaissance du rôle des agriculteurs familiaux dans l’entretien du paysage et la
    conservation des ressources naturelles.
  2. La reconnaissance, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable (ODD) post 2015, de l’agriculture familiale comme l’un des moyens de mise en œuvre de l’objectif relatif à la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable.
  3. La déclinaison du rôle économique, social et environnemental de l’agriculture familiale dans les indicateurs relatifs à l’objectif « sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable ».
Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

L’ancrage territorial, la dimension humaine et la notion de durabilité dans l’acte de transmission, sont des valeurs véhiculées par l’agriculture familiale pour affronter les défis environnementaux et climatiques à venir. Forts de ces valeurs, nous demandons que :

  • Les politiques nationales et internationales concentrent leurs efforts vers des mesures
    d’adaptation au réchauffement climatique, comme l’amélioration du stockage de l’eau et des techniques d’irrigation, la mise à disposition de dispositifs de gestion des risques, etc.

Garante de la sécurité alimentaire de son territoire, l’agriculture familiale permet de répondre aux défis quantitatif et qualitatif des besoins alimentaires mondiaux. Parce qu’aujourd’hui la majorité de la population est urbaine et que la croissance démographique devrait être principalement concentrée dans les villes, il est indispensable que les gouvernements :

  • Développent les synergies entre politiques sociales, économiques et agricoles, en faveur de
    politiques alimentaires cohérentes entre villes et zones rurales.
  • Mettent en place des politiques de limitation de l’étalement urbain pour permettre un
    développement cohérent des zones urbaines et rurales.
  • Assurent une modernisation des infrastructures et des services des territoires ruraux pour
    développer l’attractivité des campagnes, limiter l’exode rural et favoriser un  développement équilibré des territoires.

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Agroforesterie : un meilleur élevage et une meilleure pratique pour régénérer la fertilité des sols

L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d’arbres dans des cultures ou des pâturages. Du point de vue agronomique, les arbres et leurs racines et les champignons associés permettent de lutter contre l’érosion et recharger le sol en matière organique. Ils contribuent à lutter contre l’érosion, la salinisation et les inondations par la limitation du ruissellement responsable des pics de crue des rivières. Ils réduisent la pollution des nappes par les engrais agricoles en « pompant » les surplus d’azote libre.

En agro foresterie, rien ne se perd. Les arbres de l’exploitation procurent des perches pour les constructions, du bois de feu pour la cuisson du repas et du feuillage pour l’alimentation des chèvres.

Du sorgho pousse sous des Faidherbia albida et des borasses près de Banfora au Burkina Faso. Credit Photo: Marco Schmidt

Du sorgho pousse sous des Faidherbia albida et des borasses près de Banfora au Burkina Faso.
Credit Photo: Marco Schmidt

Le grevillea est une essence apprécié pour les bordures ligneuses. Cette essence pousse vite en produisant des bois sans faire concurrences avec les cultures.

En inde, le poids d’angole est souvent intercalé avec des céréales. Cette légumineuse arbustive aide à enrichir les sols et procure aliment, bois de feu et fourrage.

Les paysans kenyans apprécient le feuillage des leucoenas qui constitue un fourrage riche en protéine pour leurs vaches laitières. Cette culture joue le même rôle que le mucuna au niveau de fertilité des sols.

Au Sénégal comme au Bénin, les éleveurs exploitent des acacias et d’autres arbres qui fournissent un fourrage aérien particulièrement en saison sèche lorsque le fourrage herbacé fait défaut.

De même, des leucoenas et l’herbe à l’éléphant forment des bandes sur courbes de niveau intercalées avec du maïs. Ces bandes fournissent du fourrage pour le bétail et font obstacles à l’érosion.

Nous devons encourager les paysans et les exploitants agricoles à faire de l’agroforesterie, une priorité en 2015 afin de maintenir les sols en bonne santé. C’est ma façon de contribuer à l’objectif principal de l’Année internationale des sols 2015 (AIS)  qui est de sensibiliser les populations à l’importance de préserver la santé des sols et de plaider en faveur de la gestion durable de cette précieuse ressource naturelle.

Impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin

En participant à la 8ème édition de l’atelier scientifique national organisé par l’Institut National des Recherches agricoles du Bénin le 10 au 12 décembre 2014, une question m’est venue à l‘idée. Il s’agit de savoir le réel impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin. Je me suis entretenu avec quelques chercheurs nationaux sur le sujet. Je fais taire ici des théories et des modèles développés par ces derniers pour m’expliquer le sujet. Il ressort de ces discussions ce qui suit.

Dans le sud du Bénin, les changements climatiques se manifestent par à un déficit et un raccourcissement de la seconde saison pluvieuse; ce qui provoque une réduction des rendements agricoles et une diminution du taux de renouvellement de la couverture végétale. De plus les pluies du début de saison pluvieuse sont violentes et favorisent l’inondation et l’érosion sur les sols mal protégés. Autrefois, dans cette zone, nous avons deux saisons sèches et deux saisons des pluies qui rythmaient le travail de la terre.

Changements climatiques Credit Photo: www.aced-benin.org

Changements climatiques
Credit Photo: http://www.aced-benin.org

Aujourd’hui, les agriculteurs ont perdu ces repères saisonniers. Par exemple, ils avaient l’habitude de semer le maïs entre la mi-mars et la fin juillet et de le laisser sécher au soleil en septembre, lors de la petite saison sèche. Cette pratique n’a plus cours, car il pleut désormais en septembre, et cette pluie fait pourrir les récoltes dans les champs.

Dans le nord du Bénin, les changements climatiques se manifestent par une baisse de la pluviométrie qui réduit la seule saison pluvieuse qui caractérise la zone. La raréfaction des points d’eau fonctionnels et de l’herbe en saison sèche oblige les grands troupeaux à la transhumance, avec souvent d’importants conflits entre agriculteurs et éleveurs.

L’agriculture n’est pas seulement la victime du changement climatique, c’est aussi une source de gaz à effet de serre. La production agricole et animale est responsable de la majorité des émissions de méthane (bétail et terres humides, en particulier les rizières) et d’oxyde nitreux (application d’engrais). Les changements d’utilisation des terres comme la déforestation et la dégradation de sols – deux effets dévastateurs des pratiques agricoles non durables – relâchent de grandes quantités de carbone dans l‘atmosphère, favorisant ainsi le réchauffement de la planète.

Plusieurs possibilités existent pour s’adapter aux effets des changements climatiques. Il s’agit de l’adoption de cultures à cycle court, le réaménagement des calendriers agricoles, la pratique de semis tardifs et l’exploitation d’animaux d’élevage résistants à la sécheresse. Mais pour moi, l’agro foresterie est la solution. J’en développerai dans mon prochain billet sur les changements climatiques.

Maintenir les sols en bonne santé : une question de survie en 2015

Je crois qu’avant d’écrire sur l’année internationale des sols 2015, je dois dire les raisons d’une telle célébration mondiale. Comme l’a souligné M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, les sols bien que vitaux, étaient souvent oubliés. Les rôles multiples des sols passent souvent inaperçus. Les sols n’ont pas de voix, et peu de gens parlent pour eux. Ils sont notre allié silencieux dans la production alimentaire.

Nos sols sont en danger à cause de l’expansion des villes, de la déforestation, de la surexploitation et des pratiques de gestion des terres, de la pollution, du surpâturage et des changements climatiques. Le taux actuel de dégradation des sols menace la capacité de la planète à répondre aux besoins des générations futures. dixit José Graziano da Silva

 

Ainsi, l’objectif principal de l’Année internationale des sols 2015 (AIS) est de sensibiliser les populations à l’importance de préserver la santé des sols et de plaider en faveur de la gestion durable de cette précieuse ressource naturelle.

Photo Credit: FAO

Photo Credit: FAO

Pour ma part, Je tenterai au cours de cette année de relayer et de partager  avec mes lecteurs les meilleures pratiques et les innovations agricoles  qui renforcent la fertilité des sols.

 

 

Que retenir de l’année internationale de l’agriculture familiale ?

L’Onu a déclaré 2014, année internationale de l’agriculture familiale. L’année a été l’occasion de mettre sur la table, à travers plusieurs ouvrages et événements, la complexité des questions sur le sujet.  Ainsi bon nombres  de résultat sont obtenus. Aujourd’hui tout le monde (Gouvernement, Institutions internationales, Associations des paysans, particuliers) reconnait la place majeure de l’agriculture familiale dans la production agricole mondiale. En effet, l’agriculture familiale joue un rôle majeur dans la fourniture de biens alimentaires et dans l’approvisionnement des marchés (y compris mondiaux), mais aussi dans la fourniture d’emplois et de revenus, directement pour près de 40% de l’humanité.

fao_cle8b864d

Au cours de cette année 2014, l’agriculture familiale a pris sa place comme catégorie socio-politique. Elle est dès lors définie par l’imbrication entre famille et exploitation, avec pour marqueur la mobilisation familiale de travail. Cette définition, qui a été très largement discutée, semble recueillir un assentiment global.

De même l’agriculture familiale constitue une porte d’entrée dans la contestation d’un modèle agricole dominant désormais limité. L’introduction de la famille questionne selon de nouvelles perspectives les défis de l’emploi, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de la gestion des ressources naturelles, des risques sanitaires, des réservoirs de performances ou encore de la transition énergétique.

A la fin de cette année 2014, l’agriculture familiale est et restera un objet de recherche structurant  pour certaines structures de recherche dont le Cirad.  Les productions scientifiques de cette année prouvent l’ancrage d’une thématique qui traverse la plupart des recherches. Par ailleurs, les rencontres internationales « Agricultures familiales et recherche », co-organisées par le Cirad avec Agropolis, révèlent six pistes ou thèmes, à la croisée de plusieurs disciplines :

  • Mieux comprendre la coexistence des différentes formes d’agricultures du point de vue à la fois des compétitions, des déséquilibres de pouvoir mais aussi de leurs complémentarités et de la solidarité
  • Mieux documenter les différentes fonctions des agricultures, familiales en particulier avec la nécessité de passer d’une vision de productivité par le travail à une vision de gestion de la sécurité alimentaire, de l’emploi, des paysages et des territoires
  • Développer de nouvelles pratiques agricoles durables en prêtant attention à leur diversité et à leur complexité plutôt qu’en recherchant la standardisation et la normalisation
  • Associer plus étroitement agriculteurs, consommateurs et décideurs tout au long des processus de recherche
  • Harmoniser et ouvrir l’accès aux données afin de mieux partager les définitions et les typologies
  • Affiner l’évaluation des politiques publiques afin de faciliter des décisions appropriées

Au-delà de l’année internationale, deux événements majeurs constitueront des opportunités à saisir. Tout d’abord, la conférence Paris Climat 2015, qui aura lieu au Bourget du 20 novembre au 11 décembre 2015 et dont la réflexion sur l’agriculture et notamment sur l’agriculture familiale fera partie. La prochaine Global Conference on Agronomic Research for Development (GCARD), qui se tiendra en Afrique en 2016, intégrera également sans nul doute ces recommandations. D’autres mobilisations permettront au long cours d’insérer les besoins de la recherche au sein des agences de financements. Enfin, de nombreuses initiatives sont en cours de développement par la FAO et le Fida à la demande de la société civile, mais aussi par la société civile elle-même et par les Etats via la mise en place de politiques publiques spécifiques. La recherche prendra bien évidemment part à ces initiatives.

Source: Informations tirées de http://www.cirad.fr

Afrique: L’agriculture familiale en première ligne pour éradiquer la faim

Rome — Le rapport La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014 préconise de transformer le demi-milliard d’exploitations agricoles familiales en agents de changement

Sur les 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde neuf sur dix sont gérées par des familles, ce qui montre la prédominance de l’agriculture familiale et lui confère le rôle d’agent de changement potentiel essentiel pour assurer la sécurité alimentaire et éradiquer la faim, selon un nouveau rapport des Nations Unies diffusé aujourd’hui.

Les exploitations agricoles familiales produisent environ 80 pour cent des denrées alimentaires mondiales. Du fait de leur prévalence et de leur production, elles « sont vitales pour la solution du problème de la faim » qui afflige plus de 800 millions de personnes dans le monde, écrit M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, dans l’avant-propos du rapport intitulé La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014.

L’agriculture familiale est également la gardienne d’environ 75 pour cent des ressources agricoles mondiales. Elle est de ce fait essentielle à la durabilité écologique et la conservation des ressources naturelles. Dans le même temps, elle est parmi les plus vulnérables à l’impact de l’épuisement de ces mêmes ressources et aux effets pervers du changement climatique.

Bien que les chiffres montrent des rendements impressionnants sur les terres gérées par les exploitations agricoles familiales, beaucoup de fermes de petite taille sont incapables de produire suffisamment pour assurer une vie décente aux familles qui en tirent leurs moyens d’existence.

Les exploitations agricoles familiales sont donc confrontées à trois défis : accroître leur production pour couvrir les besoins du monde en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ; assurer la durabilité de l’environnement pour protéger la planète et maintenir leurs propres capacités productives ; et améliorer leur productivité tout en diversifiant les moyens d’existence pour échapper à la faim et à la pauvreté.

« Dans tous les cas, les exploitants familiaux doivent être les protagonistes de l’innovation car c’est seulement ainsi qu’ils peuvent assumer la responsabilité du processus et garantir que les solutions répondent à leurs besoins. L’agriculture familiale est une composante clé des systèmes alimentaires sains dont nous avons besoin pour conduire une vie plus saine », a declaré José Graziano da Silva.

Pour relever tous ces défis, les exploitations agricoles doivent s’ouvrir à l’innovation, selon le rapport qui invite le secteur public, en concertation avec les agriculteurs, les organisations de la société civile et le secteur privé, à améliorer les systèmes d’innovation dans l’agriculture. Dans cette perspective, tous les acteurs et institutions concernés doivent aider les agriculteurs à élaborer et adopter des méthodes de travail plus adaptées à la complexité grandissante du monde d’aujourd’hui.

La capacité d’innovation doit être encouragée à tous les niveaux avec des incitations aux agriculteurs, aux chercheurs et aux prestataires de services de conseil et il convient aussi d’intégrer les chaînes de valeur pour l’interaction et la création de réseaux et de partenariats de partage de l’information, selon le rapport.

Les décideurs doivent tenir compte de la diversité des exploitations agricoles familiales en termes de taille, de technologies utilisées, d’intégration aux marchés et de conditions écologiques et socio-économiques, une diversité qui se traduit par des besoins différents au regard de l’innovation.

Quoi qu’il en soit, toutes les exploitations ont besoin d’une meilleure gouvernance, de stabilité macroéconomique et d’infrastructures de marché physiques et institutionnelles. A ces éléments, il convient d’ajouter l’éducation et la recherche agricole de base, toujours selon le rapport.

Des investissements publics accrus dans la recherche et les services de conseil et de vulgarisation – lesquels devraient être plus participatifs lors de leur conception – sont requis pour mettre en valeur l’intensification durable et combler les écarts de productivité de la main-d’œuvre qui caractérisent le secteur agricole dans beaucoup de pays en développement.

Bien que la recherche agricole privée soit en expansion, les investissements du secteur public demeurent indispensables pour financer la recherche dans des domaines de peu d’intérêt pour le secteur privé, notamment la recherche fondamentale, les cultures orphelines et les pratiques de production durables. Ce type de recherche sert le bien public et compte beaucoup de bénéficiaires potentiels.

Les exploitations agricoles familiales sont vitales

Le rapport de la FAO est riche en détails sur les exploitations agricoles familiales dont la plupart sont de petite taille. A l’échelle mondiale, 84 pour cent des exploitations agricoles couvrent moins de deux hectares. Mais les tailles sont très variables et les exploitations de plus de 50 hectares – dont beaucoup sont familiales – s’adjugent les deux-tiers des terres agricoles mondiales.

Dans de nombreux pays à revenu élevé ou intermédiaire de la tranche supérieure, les grandes exploitations, responsables de la majeure partie de la production agricole, couvrent la plus grande partie des terres agricoles. Mais dans la plupart des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, ce sont les petites et moyennes exploitations agricoles familiales qui occupent la grande partie des terres agricoles et produisent la plupart des denrées alimentaires.

A l’échelle mondiale, les exploitations agricoles de petite taille produisent la plus grande part des denrées alimentaires au regard de la superficie totale des terres agricoles qu’elles occupent, car elles ont généralement des rendements plus élevés que les grandes exploitations situées dans les même pays et bénéficiant des mêmes conditions agro-écologiques.

Toutefois, si le rendement des exploitations familiales est plus élevé par hectare, elles produisent moins par travailleur. Cela perpétue la pauvreté et entrave le développement. On doit d’ailleurs une grande part de la production alimentaire mondiale à une main-d’œuvre non rémunérée constituée par les membres d’une même famille.

Le rapport de la FAO souligne qu’il est impératif de stimuler la production par travailleur, plus particulièrement dans les pays à faible revenu, afin d’améliorer les revenus agricoles et répandre le bien-être économique en milieu rural.

Actuellement, la taille des exploitations agricoles rapetissent de plus en plus dans la plupart des pays en développement où de nombreuses petites exploitations familiales tirent l’essentiel de leurs revenus d’activités non-agricoles.

Les politiques agricoles devraient faciliter un accès plus large aux intrants, notamment les semences et les engrais, ainsi qu’aux marchés et au crédit, selon le rapport.

Des organisations de producteurs performantes et ouvertes à tous peuvent favoriser l’innovation chez leurs membres en les aidant à accéder aux marchés et à établir des liens avec d’autres acteurs du système d’innovation et en veillant à ce que les exploitations familiales aient voix au chapitre dans les instances de prises de décision, souligne le rapport.

Pour encourager les exploitations agricoles familiales à investir dans des pratiques agricoles durables, qui ont souvent des coûts de démarrage élevés et de longues périodes d’amortissement, les pouvoirs publics devraient s’employer à instaurer un environnement propice à l’innovation.

Les politiques censées catalyser l’innovation devraient aller au-delà des transferts de technologie, selon le rapport. Elles devraient être inclusives et adaptées aux conditions locales afin que les agriculteurs aient la propriété de l’innovation et elles devraient tenir compte du genre et des questions intergénérationnelles en impliquant les jeunes dans les questions concernant l’avenir du secteur agricole.

Communiqué de presse FAO

source : http://www.hubrural.org/Afrique-L-agriculture-familiale-en.html

Apply for the FARA Agriculture Student Essay Competition, Deadline October 30, 2014. #FARAEssay

10687192_712141392201557_436386678465292515_n

The Forum for Agricultural Research in Africa (FARA) is currently embarking on a strategic shift into the next phase of its institutional evolution through an on-going rebranding and repositioning exercise aimed at strengthening its visibility, impact and delivery of its mandate. In this regard, FARA will be organizing a ‘Celebrating FARA’ event intended to recognize and appreciate the dedicated efforts of the Secretariat and its constituent forum members in strengthening African agricultural information, knowledge and innovation systems, and above all, in the recognition of Africa’s scientific achievers.

The celebrations will take place at the Birch Wood Hotel in Johannesburg, South Africa from 26th to 28th November 2014. To enhance this event, FARA is holding an essay competition for students of agriculture programmes in African tertiary institutions.

Guidelines

Topic: The Role of Agricultural Innovation in Creating Food Security in Africa

Format: 500-word count

Entry: Free

Language: English and French

Age Eligibility: 15 to 30 years old

Opening Date: October 9, 2014

Closing Date: October 30, 2014

Selection of Winners: November 6

Prizes: Prizes will be awarded to the winning student and their educational institution – $1,000 to the student and an award certificate for the school. Both the student and a representative of the school will be flown to South Africa for FARA’s celebratory event in November where the awards will be presented.

Requirements

Entrants must be full-time students in an African tertiary institution including Universities, Polytechnics and Colleges of Education. This competition is not open to students of African origin studying outside the African continent.

To qualify, entrants are required to apply here: http://bit.ly/faraessay  

For updates on the competition, entrants are advised to follow the hashtag #FARAEssay on Facebook and Twitter.

Essays will be shortlisted by public voting on Facebook and the final selection will be made by a panel of experts selected by FARA

source: FARA

L’agriculture familiale à l’honneur lors du Comité de l’agriculture

Les pays membres réaffirment leur soutien aux exploitants familiaux partout dans le monde

L’agriculture familiale figurait en tête de l’ordre du jour lors de la première journée de la 24e session du Comité de l’agriculture (COAG). Dans leurs discours d’ouverture, M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, et M. Danilo Medina, Président de la République dominicaine, ont mis en évidence les multiples facettes de l’agriculture familiale et le rôle clé que jouent les agriculteurs familiaux pour l’éradication de la faim.

large_COAGLe Président Medina a déclaré que la pauvreté rurale dans la République dominicaine avait diminué de neuf points de pourcentage au cours des 18 premiers mois de l’actuel gouvernement, grâce à des politiques sociales et économiques axées spécifiquement sur les petits exploitants familiaux.

Un succès retentissant

Mme Marcela Villarreal, Directrice du Bureau des partenariats, des activités de plaidoyer et du renforcement des capacités de la FAO, a présenté au COAG le bilan et les retombées de cette Année internationale.

Mme Villarreal a souligné que le niveau d’engagement politique avait considérablement augmenté au cours de cette Année internationale, qui a suscité un vif intérêt. De nombreuses initiatives ont eu lieu au niveau national et régional tout au long de l’année, notamment les dialogues régionaux organisés en Asie, en Europe, en Amérique latine, au Proche-Orient et Afrique du Nord, en Amérique du Nord et en Afrique sub-saharienne, qui ont aidé à cerner les défis auxquels sont confrontés les exploitants familiaux aux quatre coins du monde.

«Les exploitants familiaux forment un vaste groupe très diversifié, mais, en dépit de leur diversité, ils possèdent également de nombreux points communs, notamment les défis auxquels ils sont confrontés», a-t-elle déclaré. Il s’agit notamment de la mondialisation de l’industrie alimentaire, du changement climatique, de l’absence de services financiers adaptés, de l’accès au marché, de la sécurité foncière, du rôle des femmes et des jeunes et des politiques existantes qui ne répondent pas aux besoins des agriculteurs familiaux – voire même, dans certains cas, leur sont défavorables.

Mme Villarreal a ajouté qu’il convenait d’élaborer des politiques agricoles qui «tiennent compte des besoins» des exploitants familiaux et respectent leurs modes de vie. «L’agriculture familiale est beaucoup plus qu’un simple modèle de production alimentaire», a-t-elle souligné.

Une discussion très riche sur l’agriculture familiale a ensuite eu lieu, à laquelle ont participé plus de 20 États membres. Des délégués du monde entier ont remercié et félicité la FAO et ses partenaires pour l’organisation de cette Année internationale couronnée de succès.

Les pays membres ont également souligné l’importance et la contribution de l’agriculture familiale dans leurs pays respectifs et la manière dont leurs gouvernements et organisations priorisent l’agriculture familiale au moyen de politiques, de lois, de réformes, de programme d’alimentation scolaire et d’achats alimentaires, de subventions, d’investissements et d’activités de sensibilisation.

Les commentaires ont été constructifs et positifs, notamment concernant la nécessité d’élaborer des critères, des lignes directrices et des définitions communes de l’agriculture familiale aux niveaux national et régional afin d’appuyer et d’améliorer l’élaboration  des politiques et des statistiques. Les interventions ont également porté sur la contribution importante des femmes à l’agriculture familiale, la nécessité de rendre l’agriculture familiale économiquement attractive pour les jeunes, le besoin de mettre en place des plateformes de savoir en ligne sur l’agriculture familiale, et l’importance de lutter contre l’impact négatif d’Ebola sur les agriculteurs familiaux en Afrique de l’Ouest.

Quel est l’avenir de l’agriculture familiale?

Mme Villarreal a remercié les pays pour leur appui tout au long de l’année et les a exhorté à poursuivre leur action après 2014. «Les retombées de l’Année sont solidement ancrées dans les activités et le Cadre stratégique de la FAO», a-t-elle déclaré. Le Dialogue mondial sur l’agriculture familiale (DMAF) permettra de poursuivre les discussions, de faire le point sur l’élan créé et de tracer les grandes lignes d’un programme d’action en faveur de l’agriculture familiale pour l’après 2014.

Elle a également soulevé la question des définitions. «Quel type d’agriculture familiale ces politiques appuieront-elles?», a-t-elle demandé. Réponse: toutes sortes de modèles, des petites exploitations aux grandes exploitations familiales, «en comprenant que les contributions de chacune d’entre elles sont cruciales».

Il est essentiel de développer des critères communs pour mettre au point des définitions et des typologies précises concernant l’agriculture famille au niveau national et régional et créer une plateforme de savoir en ligne sur l’agriculture familiale, en vue de garantir des environnements propices au changement.

«L’agriculture familiale est liée aux cinq Objectifs stratégiques de la FAO et à diverses initiatives régionales», a ajouté Mme Villarreal. «L’agriculture familiale ne fait pas partie du problème mais fait partie intégrante de la solution pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Nous espérons que cela se reflètera dans les futures politiques de soutien aux agriculteurs familiaux».

Reconnaître l’importance de l’agriculture familiale

Le Comité a reconnu l’importance de l’agriculture familiale pour la sécurité alimentaire et la nutrition, la gestion des ressources naturelles et l’économie locale ainsi que la nécessité pour les États membres d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques, des programmes, des stratégies et des partenariats efficaces et spécifiques à cet égard.

Le Comité a également reconnu l’importance de mettre au point des critères communs pour élaborer des définitions et des typologies de l’agriculture familiale, ainsi que d’effectuer des analyses et de développer des indicateurs afin de mieux évaluer la situation actuelle et future des différents types d’exploitants familiaux.


Lire le document complet:
 Agriculture familiale: nourrir le monde, préserver la planète (COAG/2014/3)

Source: http://www.fao.org/family-farming-2014/news/news/details-press-room/fr/c/253733/