Archives de Catégorie: fertilité des sols

Gestion intégrée de la fertilité du sol

Sol infertile
Quand le sol perd sa fertilité, les cultures n’y poussent plus bien. Mais la fertilité du sol peut être améliorée grâce à la combinaison de matières organiques, d’engrais minéraux, de variétés améliorées et de bonnes pratiques agricoles et de gestion des terres, adaptées aux conditions locales. C’est ce qu’on appelle la gestion intégrée de la fertilité du sol.

Chaque sol est différent

Des cultures sur différents types de sols réagissent différemment aux engrais minéraux et organiques. Sur les sols qui réagissent aux engrais, vous pouvez obtenir un meilleur rendement avec des variétés améliorées et de l’engrais. Mais les sols infertiles n’ont pas seulement besoin d’engrais.

Photo Credit: FAO

Photo Credit: FAO

La gestion intégrée des sols repose sur quatre piliers
Le premier pilier est l’engrais qui fournit des nutriments aux plantes. Certains agriculteurs appliquent des micro-doses d’engrais. Ils mettent de petites quantités d’engrais dans chaque trou de plantation. Ainsi, on économise de l’engrais, mais le rendement est toujours bon.
Les matières organiques, telles que les résidus de cultures, le fumier animal et le compost, constituent le deuxième pilier. Les matières organiques contiennent moins de nutriments que les engrais minéraux, mais elles permettent au sol de conserver son humidité et d’être meuble, et apportent plusieurs types de nutriments mineurs.
Vous pouvez parquer les animaux au champ pendant la nuit. Leurs excréments et leur urine sont riches en azote. Certains agriculteurs gardent les chèvres dans des enclos surélevés pour la collecte de l’urine et des excréments. Le compost aide le sol à retenir les engrais minéraux ; ainsi ceux-ci ne sont pas emportés par les eaux de ruissellement.
Les variétés améliorées sont le troisième pilier. Les cultures en bonne santé ont un meilleur rendement. Les variétés améliorées résistent souvent à certaines maladies et leur rendement est meilleur que celui des variétés locales, quand le sol est amélioré.
Le quatrième pilier est l’adaptation. Les agriculteurs essaient différentes variétés, les bonnes pratiques agricoles, de gestion des terres et de l’eau pour voir ce qui fonctionne le mieux pour eux.

Source:  http://accessagriculture.org/fr/node/370/fr

Engrais foliaire, une innovation pour enrichir les sols et augmenter la production

Suite à mon premier article de clarification sur l’année internationale des sols en 2015, un lecteur de mon blog, monsieur AVADRA Joésbé, m’a invité à visiter son entreprise dénommée DYNAPHARM INTERNATIONAL BENIN SARL qui s’occupe de la distribution de l’engrais foliaire D.I. Grow au Bénin.

D. I Grow

Engrais foliaire D.I. Grow

L’engrais foliaire D.I. GROW est un engrais liquide organique qui est appliqué à la phase végétative et productive des cultures. Cet engrais est fabriqué à base d’algues acadiennes marines, de Macroéléments et Micro-éléments très riches, complets et équilibrés, de stimulants de croissance, de micro-éléments chélates et d’acide humique. Il est autorisé au Benin par le comité national d’Agrément et de contrôle des produits phytopharmaceutiques depuis le 04 mars 2013.

Quelques essais d’expérimentation

L’engrais foliaire D.I. GROW a été expérimenté directement par certains producteurs de diverses localités du bénin. Ainsi les producteurs d’Agoué, N’Dali, Azovè et les maraichers de Cotonou ont utilisés ce produit avec satisfaction.

Par exemple chez les maraichers de Cotonou, l’utilisation de l’engrais foliaire D.I. GROW a permis d’avoir de grosses carottes en 52 jours.

Carotte traitée avec un engrais foliarie

Carotte traitée avec un engrais foliarie

A N’Dali, l’application de cet engrais dans les champs du maïs a permis au producteur ci-dessous d’avoir deux à trois épis par plant de maïs.


Quelques avantages de cet engrais organique

Cet engrais organique accélère la croissance et le développement des racines, des troncs et les feuilles de tout type de plante. Il fortifie les cellules de la plante et améliore sa résistance en période de détresse (saison sèche, averse et autre…). Il accroît la qualité de la photosynthèse en élargissant les feuilles de la plante. Il renforce l’immunité de la plante contre les pestes, insectes, bactéries et champignons et enrichit et restructure le sol pour une meilleure productivité. L’engrais foliaire D.I. GROW accélère la maturation des fruits et des tubercules de la plante.

Agroforesterie : un meilleur élevage et une meilleure pratique pour régénérer la fertilité des sols

L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d’arbres dans des cultures ou des pâturages. Du point de vue agronomique, les arbres et leurs racines et les champignons associés permettent de lutter contre l’érosion et recharger le sol en matière organique. Ils contribuent à lutter contre l’érosion, la salinisation et les inondations par la limitation du ruissellement responsable des pics de crue des rivières. Ils réduisent la pollution des nappes par les engrais agricoles en « pompant » les surplus d’azote libre.

En agro foresterie, rien ne se perd. Les arbres de l’exploitation procurent des perches pour les constructions, du bois de feu pour la cuisson du repas et du feuillage pour l’alimentation des chèvres.

Du sorgho pousse sous des Faidherbia albida et des borasses près de Banfora au Burkina Faso. Credit Photo: Marco Schmidt

Du sorgho pousse sous des Faidherbia albida et des borasses près de Banfora au Burkina Faso.
Credit Photo: Marco Schmidt

Le grevillea est une essence apprécié pour les bordures ligneuses. Cette essence pousse vite en produisant des bois sans faire concurrences avec les cultures.

En inde, le poids d’angole est souvent intercalé avec des céréales. Cette légumineuse arbustive aide à enrichir les sols et procure aliment, bois de feu et fourrage.

Les paysans kenyans apprécient le feuillage des leucoenas qui constitue un fourrage riche en protéine pour leurs vaches laitières. Cette culture joue le même rôle que le mucuna au niveau de fertilité des sols.

Au Sénégal comme au Bénin, les éleveurs exploitent des acacias et d’autres arbres qui fournissent un fourrage aérien particulièrement en saison sèche lorsque le fourrage herbacé fait défaut.

De même, des leucoenas et l’herbe à l’éléphant forment des bandes sur courbes de niveau intercalées avec du maïs. Ces bandes fournissent du fourrage pour le bétail et font obstacles à l’érosion.

Nous devons encourager les paysans et les exploitants agricoles à faire de l’agroforesterie, une priorité en 2015 afin de maintenir les sols en bonne santé. C’est ma façon de contribuer à l’objectif principal de l’Année internationale des sols 2015 (AIS)  qui est de sensibiliser les populations à l’importance de préserver la santé des sols et de plaider en faveur de la gestion durable de cette précieuse ressource naturelle.

Le Mucuna pruriens pour régénérer la fertilité des sols au Bénin

Un peu d’histoire,

La terre ne ment pas dit-on. Mais ce qu’on a oublié de mentionner de cet adage est que la terre ne nous mentira que si on lui retourne ce qu’on lui a ôté. Sinon elle va nous décevoir. Ce que je voudrais dire ici c’est que la terre a été et demeure toujours la vache à lait de l’humanité. C’est elle qui la nourrit. Mais lorsque la terre a commencé par perdre ses éléments nutritifs ou lorsque les hommes ont commencé à surexploiter les ressources naturelles dont la terre, alors cette dernière perd de jour en jour sa potentialité à nous nourrir.

Au Benin, la baisse de fertilité des sols se révèle comme un problème majeur pour les paysans depuis des années. Ainsi en 1986 pour adapter les technologies aux situations concrètes des paysans afin de ces derniers puissent adopter lesdites technologies, les chercheurs des centres de recherches agricoles ont introduit à travers le projet de Recherche en Milieu Réel (RAMR) le Mucuna pruriens pour maintenir la fertilité des sols dans quelques localités du pays.

Mode d’action du mucuna

Le mucuna fixe l’azote de l’air comme le font le niébé et le haricot. Cet azote est généralement stocké dans les feuilles et les graines. Les tiges rampantes de mucuna produisent beaucoup de feuilles et ses graines sont laissées dans le champ pour le fertiliser. En couvrant totalement le sol, Le mucuna permet aussi de combattre plusieurs mauvaises herbes, comme l’Imperata cylindrica et le striga.

Maïs en association avec Mucuna Photo Credit: Georges Serpantié

Maïs en association avec Mucuna Photo Credit: Georges Serpantié

Un bref aperçu sur l’itinéraire technique de Mucuna

Le mucuna est cultivé entre les lignes de maïs au cours de la grande saison des pluies. Les agents de vulgarisation conseillent aux paysans d’adopter un écartement de 80 cm entre les lignes et 40 cm entre les plants. Ces règles ne sont pas souvent observées par les utilisateurs.

Pour éviter que le mucuna n’étouffe le maïs, il est semé lorsque le maïs a au moins 60 jours après avoir désherbé le champ. Environs 60kg de mucuna est semé par hectare pour assurer une bonne couverture du sol.

Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

Au moment de la récolte du maïs, le mucuna continue sa croissance jusqu’à la fin de la petite saison des pluies. L’épais paillis du mucuna se décompose progressivement et aide à conserver l’humidité du sol. Le maïs est directement semé dans le paillis de mucuna, sans labourer le champ. Aujourd’hui cette technologie est encore d’actualité. Les paysans continuent de faire cette culture. Mais ils n’arrivent pas à consommer les grains de mucuna ce qui constituent un frein pour l’adoption de cette culture.