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Agriculture Climato-Intelligente, Parlons-en !!!

Au coeur des grands forums, des conférences et discussions, l’Agriculture Climato-Intelligente ou l’agriculture intelligente face au climat (climat smart agriculture en englais) est une nouvelle approche developpée et promue par plusieurs institutions internationales et merite qu’on interesse.

Emergence de l’Agriculture Climato-Intelligente

Selon les documents de la FAO sur l’ Agriculture Climato-Intelligente, on retient que la population mondiale augmentera d’un tiers entre aujourd’hui et l’an 2050 surtout dans les pays en développement. Les villes seront plus d’avantage inondées. Il faudra augmenter la production agricole de 60% d’ici à 2050 pour satisfaire la demande prévue pour l’alimentation humaine et animale. Ainsi, l’agriculture doit se transformer pour pouvoir nourrir une population mondiale sans cesse croissante et fournir les bases de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.

Le changement climatique rendra cette tâche plus difficile dans le contexte d’un scenario tendanciel, en raison des impacts négatifs sur l’agriculture, obligeant constamment à mettre en œuvre des actions coûteuses d’adaptation.

Améliorer la sécurité alimentaire tout en contribuant à l’atténuation du changement climatique et à la protection des ressources naturelles, ainsi que des services écosystémiques vitaux, requiert une transition vers des systèmes de production agricole plus productifs, utilisant plus efficacement les intrants, avec une production moins variable et plus stable, plus résilients face aux risques, aux chocs et à la variabilité climatiques de long terme.

Une agriculture plus productive et résiliente nécessite un changement majeur dans les pratiques de gestion des terres, de l’eau, des nutriments du sol et des ressources génétiques, afin de s’assurer que ces ressources sont gérées plus efficacement : Agriculture Climato-Intelligente a vu le jour.

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Définition de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat est une approche conçue pour développer les conditions techniques, politiques et d’investissement nécessaires pour atteindre une agriculture durable répondant aux enjeux de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique. La magnitude, l’immédiateté et le large spectre des effets du changement climatique sur les systèmes agricoles créent un besoin impérieux d’assurer l’intégration complète de ces effets dans la planification, la programmation et les investissements agricoles nationaux. L’agriculture intelligente face au climat est conçue pour identifier et opérationnaliser le développement de l’agriculture durable en tenant compte explicitement des paramètres du changement climatique.

Cette approche a pour but d’encourager et d’accompagner les agriculteurs, les pays ainsi que les autres acteurs dans la mise en œuvre de politiques et mesures pour :

  • augmenter de façon durable la productivité agricole et les revenus des agriculteurs afin d’atteindre les objectifs nationaux de sécurité alimentaire et de développement ;
  • renforcer la résilience et l’adaptation des systèmes agricoles et alimentaires au changement climatique ;
  • atténuer les émissions de gaz à effet de serre et augmenter l’absorption du carbone.

Dix (10) points capitaux de l’Agriculture Climato-Intelligente

L’agriculture intelligente face au climat n’est pas une unique technologie ou pratique agricole spécifique pouvant être appliquée universellement. C’est une approche qui nécessite des évaluations spécifiques au site d’intervention pour identifier les technologies et pratiques agricoles appropriées.

Cette approche:

  1. aborde les défis complexes et interdépendants que sont la sécurité alimentaire, le développement et le changement climatique et identifie des options intégrées créant des synergies et impacts bénéfiques, tout en réduisant la nécessité de faire les incompatibilités;
  2. reconnaît que ces options seront façonnées par les contextes et les capacités propres à chaque pays, ainsi que par les situations sociale, économique et environnementale particulières où elles seront appliquées;
  3. évalue les interactions entre les secteurs ainsi que les besoins des différentes parties prenantes;
  4. identifie les obstacles à l’adoption, en particulier chez les agriculteurs et fournit des solutions appropriées en termes de politiques, stratégies, actions et des mesures incitatives;
  5. cherche à créer des conditions favorables à travers une meilleure harmonisation des politiques, des investissements financiers et des dispositifs institutionnels;
  6. vise à atteindre plusieurs objectifs, étant entendu que des priorités doivent être fixées et que des décisions collectives doivent être prises sur différents avantages et inconvénients;
  7. devrait donner la priorité au renforcement des moyens de subsistance, en particulier ceux des petits exploitants, en améliorant l’accès aux services, à la connaissance, aux ressources (y compris les ressources génétiques), aux produits financiers et aux marchés;
  8. aborde l’adaptation et renforce la résilience aux chocs, en particulier ceux liés au changement climatique, car l’ampleur des impacts du changement climatique a des implications majeures pour le développement agricole et rural;
  9. considère l’atténuation du changement climatique comme un cobénéfice potentiel secondaire, en particulier pour les populations agricoles à faibles revenus;
  10. cherche à identifier des opportunités pour l’accès aux financements sur le climat et les intégrer aux sources traditionnelles de financement de l’investissement agricole.

L’agriculture intelligente face au climat rassemble des pratiques, politiques et institutions qui ne sont pas forcément nouvelles, mais qui sont mobilisées dans e contexte des changements climatiques, qui ne sont pas familiers aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs.

Des défis restent à relever

Les défis sont nombreux. L’implication des producteurs, notamment dans les pays en développement, est tout sauf évidente. Afin de soutenir leur capacité adaptative, les institutions locales et nationales doivent également être renforcées. Selon Emmanuel Torquebiau, chercheur au Cirad , « si des efforts en matière de politiques publiques et de finance ne sont pas d’actualité alors les options techniques ne pourront avoir d’effet sur le long terme ».

Agriculture Climato-Intelligente au coeur des débats

La 3e Conférence scientifique mondiale sur l’agriculture climato-intelligente se tient à Montpellier, France, du 16 au 18 mars 2015 . Cet événement majeur a pour objectif d’approfondir et d’actualiser les connaissances scientifiques sur l’ensemble des problématiques de l’agriculture climato-intelligente. Elle permettra de dresser un futur agenda de la recherche, d’éclairer les décideurs et de proposer des actions pour l’avenir.

Bibliographie

Leslie Lipper, Philip Thornton, Bruce M. Campbell, Tobias Baedeker, Ademola Braimoh, Martin Bwalya, Patrick Caron, Andrea Cattaneo, Dennis Garrity, Kevin Henry, Ryan Hottle, Louise Jackson, Andrew Jarvis, Fred Kossam, Wendy Mann, Nancy McCarthy, Alexandre Meybeck, Henry Neufeldt, Tom Remington, Reynolds Shula, Pham Thi Sen, Reuben Sessa, Austin Tibu and Emmanuel F. Torquebiau, Climate-smart agriculture for food security, Nature Climate Change 4, 1068–1072 (2014) doi:10.1038/nclimate2437

http://www.fao.org/climatechange/climatesmart/fr/

http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2015/conference-agriculture-climato-intelligente

http://csa2015.cirad.fr/

Agriculture biologique, une réponse aux effets des changements climatiques

Connaissant l‘impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale, des paysans développent des solutions alternatives dont l’agriculture biologique pour y faire face. Comme l’a défini, Hervé Sourou de AgroBénin, l’agriculture biologique est l’art de cultiver la terre en utilisant les meilleures pratiques issues des méthodes traditionnelles couplées aux connaissances scientifiques et les matériaux disponibles tout en créant un équilibre entre la nature et la culture. En d’autre terme, l’agriculture biologique est système d’agriculture qui n’utilise aucun engrais chimique, pesticide, produit industriel de synthèse ou Organisme Génétiquement Modifié (OGM).

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Des techniques de production préservant l’environnement

La pratique de l’agriculturebiologique implique l’utilisation des techniques telles que :

  • Le compostage : il ne coute pas cher et est très efficace, il améliore la qualité du sol, il facilite le drainage, il réduit l’érosion, il ajoute des nutriments facilement assimilables par la plante et favorise une gestion optimale de l’eau.
  • Le paillage : il consiste à couvrir le sol avec une couche de matériau en vrac comme le compost, le fumier, la paille, l’herbe sèche, les feuilles ou les résidus de récolte. Les paillis ont plusieurs effets sur le sol qui contribuent à l’accroissement de la plante,
  • La diminution dans la perte d’eau à cause de l’évaporation ;
  • La réduction de la croissance des mauvaises herbes en réduisant la quantité de lumière qui frappe le sol ;
  • L’empêchement de l’érosion du sol ;
  • L’augmentation du nombre de microorganismes dans la couche arable

  • La rotation des cultures

Voici un documentaire qui montre en quoi l‘agriculture biologique au Burkina Faso est la meilleure réponse aux effets du changement climatique.

Appel à projets : Fonds « NEPAD » pour le changement climatique

Le Fonds NEPAD pour le changement climatique a été créé en 2014 par l’Agence de la planification et de coordination du NEPAD avec l’appui du gouvernement de l’Allemagne. Le Fonds NEPAD pour le changement climatique offre une assistance technique et financière aux Etats membres de l’UA, aux Communautés économiques régionales (CER) et les institutions qui répondent aux critères d’admissibilité et les domaines ciblés clairement définies de soutien du Fonds.
Lesdomaines ciblés sont les suivants:

1. Adaptation de l’agriculture au changement climatique
2. Biodiversité
3. Accès et le partage des avantages
4. Développement et le soutien de la mise en œuvre de plans nationaux d’adaptation (PAN)
5. L’intégration du changement climatique dans les plans nationaux d’investissement agricole (PNIA)

Délai : 28 Février 2014

NB : Tous les documents (Plaquette de présentation, Lignes directrices, formulaire de demande…) sont disponibles en Français

Juste un clic pour en savoir plus…

http://www.nepad.org/climatechangeandsustainabled…/how-apply

Impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin

En participant à la 8ème édition de l’atelier scientifique national organisé par l’Institut National des Recherches agricoles du Bénin le 10 au 12 décembre 2014, une question m’est venue à l‘idée. Il s’agit de savoir le réel impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin. Je me suis entretenu avec quelques chercheurs nationaux sur le sujet. Je fais taire ici des théories et des modèles développés par ces derniers pour m’expliquer le sujet. Il ressort de ces discussions ce qui suit.

Dans le sud du Bénin, les changements climatiques se manifestent par à un déficit et un raccourcissement de la seconde saison pluvieuse; ce qui provoque une réduction des rendements agricoles et une diminution du taux de renouvellement de la couverture végétale. De plus les pluies du début de saison pluvieuse sont violentes et favorisent l’inondation et l’érosion sur les sols mal protégés. Autrefois, dans cette zone, nous avons deux saisons sèches et deux saisons des pluies qui rythmaient le travail de la terre.

Changements climatiques Credit Photo: www.aced-benin.org

Changements climatiques
Credit Photo: http://www.aced-benin.org

Aujourd’hui, les agriculteurs ont perdu ces repères saisonniers. Par exemple, ils avaient l’habitude de semer le maïs entre la mi-mars et la fin juillet et de le laisser sécher au soleil en septembre, lors de la petite saison sèche. Cette pratique n’a plus cours, car il pleut désormais en septembre, et cette pluie fait pourrir les récoltes dans les champs.

Dans le nord du Bénin, les changements climatiques se manifestent par une baisse de la pluviométrie qui réduit la seule saison pluvieuse qui caractérise la zone. La raréfaction des points d’eau fonctionnels et de l’herbe en saison sèche oblige les grands troupeaux à la transhumance, avec souvent d’importants conflits entre agriculteurs et éleveurs.

L’agriculture n’est pas seulement la victime du changement climatique, c’est aussi une source de gaz à effet de serre. La production agricole et animale est responsable de la majorité des émissions de méthane (bétail et terres humides, en particulier les rizières) et d’oxyde nitreux (application d’engrais). Les changements d’utilisation des terres comme la déforestation et la dégradation de sols – deux effets dévastateurs des pratiques agricoles non durables – relâchent de grandes quantités de carbone dans l‘atmosphère, favorisant ainsi le réchauffement de la planète.

Plusieurs possibilités existent pour s’adapter aux effets des changements climatiques. Il s’agit de l’adoption de cultures à cycle court, le réaménagement des calendriers agricoles, la pratique de semis tardifs et l’exploitation d’animaux d’élevage résistants à la sécheresse. Mais pour moi, l’agro foresterie est la solution. J’en développerai dans mon prochain billet sur les changements climatiques.