Archives de Catégorie: AIAF-2014.

MONDEHOU Dandjèkpè, un agriculteur familial modèle pour les jeunes béninois

Il y a quelques semaines, j’ai effectué un voyage à but professionnel à Djakotomey, une commune au Sud du Bénin dont résident majoritairement les ethnies Adja. Préoccupé par la baisse de productivité du maïs dans la zone, j’ai décidé de faire une enquête auprès des producteurs de la zone pour en connaître les causes. Mon travail consistait à aller dans six villages dans six arrondissements pour s’entretenir avec quelques agriculteurs familiaux. (suite…)

Mettre les agriculteurs familiaux au centre du développement territorial

Les agricultrices et les agriculteurs familiaux sont, à la fois, les premiers acteurs d’un monde rural attractif et dynamique et les garants de la sécurité alimentaire de leurs territoires.
Au vu du rôle clef de l’agriculture familiale dans la lutte contre la faim et contre la pauvreté nous souhaitons qu’elle soit intégrée dans l’agenda des programmes de développement international. Ainsi nous réclamons :

  1.  La reconnaissance du rôle des agriculteurs familiaux dans l’entretien du paysage et la
    conservation des ressources naturelles.
  2. La reconnaissance, dans le cadre des Objectifs du Développement Durable (ODD) post 2015, de l’agriculture familiale comme l’un des moyens de mise en œuvre de l’objectif relatif à la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable.
  3. La déclinaison du rôle économique, social et environnemental de l’agriculture familiale dans les indicateurs relatifs à l’objectif « sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable ».
Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

Les branches sont progressivement écartées. Photo Credit: Georges Serpantié

L’ancrage territorial, la dimension humaine et la notion de durabilité dans l’acte de transmission, sont des valeurs véhiculées par l’agriculture familiale pour affronter les défis environnementaux et climatiques à venir. Forts de ces valeurs, nous demandons que :

  • Les politiques nationales et internationales concentrent leurs efforts vers des mesures
    d’adaptation au réchauffement climatique, comme l’amélioration du stockage de l’eau et des techniques d’irrigation, la mise à disposition de dispositifs de gestion des risques, etc.

Garante de la sécurité alimentaire de son territoire, l’agriculture familiale permet de répondre aux défis quantitatif et qualitatif des besoins alimentaires mondiaux. Parce qu’aujourd’hui la majorité de la population est urbaine et que la croissance démographique devrait être principalement concentrée dans les villes, il est indispensable que les gouvernements :

  • Développent les synergies entre politiques sociales, économiques et agricoles, en faveur de
    politiques alimentaires cohérentes entre villes et zones rurales.
  • Mettent en place des politiques de limitation de l’étalement urbain pour permettre un
    développement cohérent des zones urbaines et rurales.
  • Assurent une modernisation des infrastructures et des services des territoires ruraux pour
    développer l’attractivité des campagnes, limiter l’exode rural et favoriser un  développement équilibré des territoires.

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations de type familial

Alors que les jeunes agriculteurs sont au cœur des enjeux de modernisation des politiques agricoles, le renouvellement des générations en agriculture rencontre globalement de grandes difficultés d’ordre économique, politique et culturel. Parce que l’installation des jeunes sur des exploitations familiales doit être une priorité, nous demandons que les politiques agricoles nationales :

  • S’appuient sur des programmes d’enseignement et de formation agricoles, représentatifs de la diversité des pratiques agricoles nationales, valorisés par l’obtention d’un diplôme
    reconnu par l’Etat. Ces programmes doivent permettre aux jeunes agriculteurs de réussir
    leur projet professionnel, sur leur exploitation, dans leurs organisations collectives et sur leur territoire.
  • Permettent l’élaboration de programme d’accompagnement à l’installation des jeunes
    agriculteurs, proposant des aides financières et techniques.
  • Favorisent l’accès des jeunes aux moyens de production, aux marchés, aux financements, à la formation continue et à l’accompagnement technique.
  • Développent des campagnes de sensibilisation et de promotion du métier d’agriculteur auprès des jeunes ruraux et des jeunes urbains.
  • Assurent une liberté syndicale et la protection du droit syndical des jeunes agriculteurs, prévue par la Convention n°87 de l’OIT et mettent à disposition des programmes de soutiens technique et financier pour le regroupement syndical des jeunes agriculteurs.
  • Favorisent la mise en place de synergies entre les secteurs publiques et privés pour favoriser l’installation des jeunes agriculteurs.

fao_cle8b864d

La durabilité et la transmission des exploitations familiales sont aujourd’hui de plus en plus menacées par l’appropriation des moyens de production par des capitaux extérieurs. Le maintien d’une agriculture familiale doit être garanti par l’accessibilité des jeunes candidats à l’installation aux moyens de productions. Afin de garantir l’accès au foncier et aux crédits des jeunes agriculteurs familiaux, nous demandons :

  1. La prise en compte effective des Directives Volontaires pour la Gouvernance Foncière,
    adoptée en 2012 par le CSA, dans les législations nationales.
  2. Un soutien à la coopération intergénérationnelle, qui permette la transmission des savoirs, la coopération et l’entraide entre les générations pour faciliter le renouvellement des
    générations et la transmission du foncier.
  3. Un soutien au développement des banques agricoles et aux dispositifs de mutualisation.
  4. La mise en place de systèmes de crédits préférentiels, dont les taux d’intérêts réels doivent
    rester en dessous de valeurs à deux chiffres, pour les jeunes candidats à l’installation
    disposant d’un projet viable et vivable. Une souplesse doit être accordée aux jeunes en
    termes de report d’échéance.
  5. La mise en place de système de capitalisation bancaire, facilitant l’obtention des prêts à taux avantageux pour les jeunes agriculteurs. Les institutions supranationales doivent proposer des garanties bancaires pour les jeunes, sécurisant leurs contrats de prêts avec des banques nationales.

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Reconnaissance sociale, économique et juridique des agriculteurs familiaux

Alors que les agriculteurs familiaux représentent 40% de la population active mondiale, leur métier n’est pas suffisamment valorisé. Sa reconnaissance sociale, économique et juridique, aux niveaux national et international, est fondamentale pour répondre aux enjeux alimentaires mondiaux et enrayer la destruction des emplois agricoles. Cette reconnaissance constitue la base de tout engagement professionnel. Nous interpellons ainsi :

  •  Tous les gouvernements pour qu’ils offrent une véritable reconnaissance juridique au métier d’agriculteur dans leurs législations nationales et qu’ils mettent en place des politiques de soutien spécifiques en faveur des modèles familiaux.
  • L’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour intégrer une reconnaissance du métier d’agriculteur dans les normes internationales du travail. Nous souhaitons que la Conférence Internationale du Travail, assemblée qui élabore, adopte et révise les normes internationales du travail, adopte un protocole reconnaissant le métier d’agriculteur dans la convention n°141 sur l’organisation des travailleurs ruraux.

fao_cle8b864d

Le regroupement et l’organisation collective des agriculteurs permettent de renforcer la capacité de négociation des agricultrices et des agriculteurs. L’organisation économique des producteurs facilite la structuration des filières agricoles et favorise la stabilité des revenus. Afin de garantir le droit d’organisation et de négociation collective des agriculteurs nous réclamons que les gouvernements :

  • Favorisent le regroupement économique et syndical des producteurs, pour renforcer leurs
    capacités de négociation et la stabilisation de leurs revenus.
  • Veillent à soutenir la création de coopératives de jeunes agriculteurs ou de sections jeunes
    dans les coopératives préexistantes.
  • Accompagnent des projets permettant aux agriculteurs d’augmenter la création de valeur
    ajoutée sur leurs exploitations, via des démarches collectives innovantes en matière de
    production et de commercialisation.
  • Mettent en vigueur le droit d’organisation et de négociation collective, prévue par la
    Convention n° 98 de l’OIT, pour l’ensemble des organisations agricoles.

Les agricultrices et les agriculteurs familiaux sont des acteurs majeurs de la dynamique des territoires. Les responsabilités qu’ils assument justifient qu’ils aient un rôle déterminant dans les politiques agricoles et commerciales, du niveau local au niveau international. Face à la multiplication des accords bilatéraux et afin d’améliorer la représentation et la capacité de propositions de la profession agricole dans les instances de gouvernance, nous proposons :

  1. La création d’un mécanisme de représentation des agriculteurs au sein du Comité sécurité
    alimentaire (CSA). Nous proposons donc à la FAO de faire du CSA un lieu de concertation
    équilibré entre les acteurs qui sont au cœur de la sécurité alimentaire.
  2.  La réactivation des réunions ministérielles agricoles au sein du G20. Parallèlement, nous
    proposons de constituer un groupe de réflexion constitué de représentants d’organisations
    agricoles, le F20, contribuant aux réflexions initiées par les réunions ministérielles.
  3. La mise en place un dispositif de représentation de la profession agricole au sein du Forum
    de réaction rapide et du Système d’information sur les marchés agricoles (SIMA ou AMIS),
    créés par le G20 et abrités au sein de la FAO.
  4. D’engager une réflexion internationale des jeunes agriculteurs sur les échanges commerciaux internationaux, visant à proposer des solutions pour stopper leurs impacts négatifs sur les conditions sociales et économiques d’exercice de l’agriculture, le maintien de la diversité des produits et des modèles de production, des savoir-faire et la sécurité du revenu de tous les agriculteurs sur leur territoire

Source: MANIFESTE INTERNATIONAL DES JEUNES AGRICULTEURS

Afrique: L’agriculture familiale en première ligne pour éradiquer la faim

Rome — Le rapport La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014 préconise de transformer le demi-milliard d’exploitations agricoles familiales en agents de changement

Sur les 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde neuf sur dix sont gérées par des familles, ce qui montre la prédominance de l’agriculture familiale et lui confère le rôle d’agent de changement potentiel essentiel pour assurer la sécurité alimentaire et éradiquer la faim, selon un nouveau rapport des Nations Unies diffusé aujourd’hui.

Les exploitations agricoles familiales produisent environ 80 pour cent des denrées alimentaires mondiales. Du fait de leur prévalence et de leur production, elles « sont vitales pour la solution du problème de la faim » qui afflige plus de 800 millions de personnes dans le monde, écrit M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, dans l’avant-propos du rapport intitulé La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2014.

L’agriculture familiale est également la gardienne d’environ 75 pour cent des ressources agricoles mondiales. Elle est de ce fait essentielle à la durabilité écologique et la conservation des ressources naturelles. Dans le même temps, elle est parmi les plus vulnérables à l’impact de l’épuisement de ces mêmes ressources et aux effets pervers du changement climatique.

Bien que les chiffres montrent des rendements impressionnants sur les terres gérées par les exploitations agricoles familiales, beaucoup de fermes de petite taille sont incapables de produire suffisamment pour assurer une vie décente aux familles qui en tirent leurs moyens d’existence.

Les exploitations agricoles familiales sont donc confrontées à trois défis : accroître leur production pour couvrir les besoins du monde en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ; assurer la durabilité de l’environnement pour protéger la planète et maintenir leurs propres capacités productives ; et améliorer leur productivité tout en diversifiant les moyens d’existence pour échapper à la faim et à la pauvreté.

« Dans tous les cas, les exploitants familiaux doivent être les protagonistes de l’innovation car c’est seulement ainsi qu’ils peuvent assumer la responsabilité du processus et garantir que les solutions répondent à leurs besoins. L’agriculture familiale est une composante clé des systèmes alimentaires sains dont nous avons besoin pour conduire une vie plus saine », a declaré José Graziano da Silva.

Pour relever tous ces défis, les exploitations agricoles doivent s’ouvrir à l’innovation, selon le rapport qui invite le secteur public, en concertation avec les agriculteurs, les organisations de la société civile et le secteur privé, à améliorer les systèmes d’innovation dans l’agriculture. Dans cette perspective, tous les acteurs et institutions concernés doivent aider les agriculteurs à élaborer et adopter des méthodes de travail plus adaptées à la complexité grandissante du monde d’aujourd’hui.

La capacité d’innovation doit être encouragée à tous les niveaux avec des incitations aux agriculteurs, aux chercheurs et aux prestataires de services de conseil et il convient aussi d’intégrer les chaînes de valeur pour l’interaction et la création de réseaux et de partenariats de partage de l’information, selon le rapport.

Les décideurs doivent tenir compte de la diversité des exploitations agricoles familiales en termes de taille, de technologies utilisées, d’intégration aux marchés et de conditions écologiques et socio-économiques, une diversité qui se traduit par des besoins différents au regard de l’innovation.

Quoi qu’il en soit, toutes les exploitations ont besoin d’une meilleure gouvernance, de stabilité macroéconomique et d’infrastructures de marché physiques et institutionnelles. A ces éléments, il convient d’ajouter l’éducation et la recherche agricole de base, toujours selon le rapport.

Des investissements publics accrus dans la recherche et les services de conseil et de vulgarisation – lesquels devraient être plus participatifs lors de leur conception – sont requis pour mettre en valeur l’intensification durable et combler les écarts de productivité de la main-d’œuvre qui caractérisent le secteur agricole dans beaucoup de pays en développement.

Bien que la recherche agricole privée soit en expansion, les investissements du secteur public demeurent indispensables pour financer la recherche dans des domaines de peu d’intérêt pour le secteur privé, notamment la recherche fondamentale, les cultures orphelines et les pratiques de production durables. Ce type de recherche sert le bien public et compte beaucoup de bénéficiaires potentiels.

Les exploitations agricoles familiales sont vitales

Le rapport de la FAO est riche en détails sur les exploitations agricoles familiales dont la plupart sont de petite taille. A l’échelle mondiale, 84 pour cent des exploitations agricoles couvrent moins de deux hectares. Mais les tailles sont très variables et les exploitations de plus de 50 hectares – dont beaucoup sont familiales – s’adjugent les deux-tiers des terres agricoles mondiales.

Dans de nombreux pays à revenu élevé ou intermédiaire de la tranche supérieure, les grandes exploitations, responsables de la majeure partie de la production agricole, couvrent la plus grande partie des terres agricoles. Mais dans la plupart des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, ce sont les petites et moyennes exploitations agricoles familiales qui occupent la grande partie des terres agricoles et produisent la plupart des denrées alimentaires.

A l’échelle mondiale, les exploitations agricoles de petite taille produisent la plus grande part des denrées alimentaires au regard de la superficie totale des terres agricoles qu’elles occupent, car elles ont généralement des rendements plus élevés que les grandes exploitations situées dans les même pays et bénéficiant des mêmes conditions agro-écologiques.

Toutefois, si le rendement des exploitations familiales est plus élevé par hectare, elles produisent moins par travailleur. Cela perpétue la pauvreté et entrave le développement. On doit d’ailleurs une grande part de la production alimentaire mondiale à une main-d’œuvre non rémunérée constituée par les membres d’une même famille.

Le rapport de la FAO souligne qu’il est impératif de stimuler la production par travailleur, plus particulièrement dans les pays à faible revenu, afin d’améliorer les revenus agricoles et répandre le bien-être économique en milieu rural.

Actuellement, la taille des exploitations agricoles rapetissent de plus en plus dans la plupart des pays en développement où de nombreuses petites exploitations familiales tirent l’essentiel de leurs revenus d’activités non-agricoles.

Les politiques agricoles devraient faciliter un accès plus large aux intrants, notamment les semences et les engrais, ainsi qu’aux marchés et au crédit, selon le rapport.

Des organisations de producteurs performantes et ouvertes à tous peuvent favoriser l’innovation chez leurs membres en les aidant à accéder aux marchés et à établir des liens avec d’autres acteurs du système d’innovation et en veillant à ce que les exploitations familiales aient voix au chapitre dans les instances de prises de décision, souligne le rapport.

Pour encourager les exploitations agricoles familiales à investir dans des pratiques agricoles durables, qui ont souvent des coûts de démarrage élevés et de longues périodes d’amortissement, les pouvoirs publics devraient s’employer à instaurer un environnement propice à l’innovation.

Les politiques censées catalyser l’innovation devraient aller au-delà des transferts de technologie, selon le rapport. Elles devraient être inclusives et adaptées aux conditions locales afin que les agriculteurs aient la propriété de l’innovation et elles devraient tenir compte du genre et des questions intergénérationnelles en impliquant les jeunes dans les questions concernant l’avenir du secteur agricole.

Communiqué de presse FAO

source : http://www.hubrural.org/Afrique-L-agriculture-familiale-en.html

L’agriculture familiale à l’honneur lors du Comité de l’agriculture

Les pays membres réaffirment leur soutien aux exploitants familiaux partout dans le monde

L’agriculture familiale figurait en tête de l’ordre du jour lors de la première journée de la 24e session du Comité de l’agriculture (COAG). Dans leurs discours d’ouverture, M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, et M. Danilo Medina, Président de la République dominicaine, ont mis en évidence les multiples facettes de l’agriculture familiale et le rôle clé que jouent les agriculteurs familiaux pour l’éradication de la faim.

large_COAGLe Président Medina a déclaré que la pauvreté rurale dans la République dominicaine avait diminué de neuf points de pourcentage au cours des 18 premiers mois de l’actuel gouvernement, grâce à des politiques sociales et économiques axées spécifiquement sur les petits exploitants familiaux.

Un succès retentissant

Mme Marcela Villarreal, Directrice du Bureau des partenariats, des activités de plaidoyer et du renforcement des capacités de la FAO, a présenté au COAG le bilan et les retombées de cette Année internationale.

Mme Villarreal a souligné que le niveau d’engagement politique avait considérablement augmenté au cours de cette Année internationale, qui a suscité un vif intérêt. De nombreuses initiatives ont eu lieu au niveau national et régional tout au long de l’année, notamment les dialogues régionaux organisés en Asie, en Europe, en Amérique latine, au Proche-Orient et Afrique du Nord, en Amérique du Nord et en Afrique sub-saharienne, qui ont aidé à cerner les défis auxquels sont confrontés les exploitants familiaux aux quatre coins du monde.

«Les exploitants familiaux forment un vaste groupe très diversifié, mais, en dépit de leur diversité, ils possèdent également de nombreux points communs, notamment les défis auxquels ils sont confrontés», a-t-elle déclaré. Il s’agit notamment de la mondialisation de l’industrie alimentaire, du changement climatique, de l’absence de services financiers adaptés, de l’accès au marché, de la sécurité foncière, du rôle des femmes et des jeunes et des politiques existantes qui ne répondent pas aux besoins des agriculteurs familiaux – voire même, dans certains cas, leur sont défavorables.

Mme Villarreal a ajouté qu’il convenait d’élaborer des politiques agricoles qui «tiennent compte des besoins» des exploitants familiaux et respectent leurs modes de vie. «L’agriculture familiale est beaucoup plus qu’un simple modèle de production alimentaire», a-t-elle souligné.

Une discussion très riche sur l’agriculture familiale a ensuite eu lieu, à laquelle ont participé plus de 20 États membres. Des délégués du monde entier ont remercié et félicité la FAO et ses partenaires pour l’organisation de cette Année internationale couronnée de succès.

Les pays membres ont également souligné l’importance et la contribution de l’agriculture familiale dans leurs pays respectifs et la manière dont leurs gouvernements et organisations priorisent l’agriculture familiale au moyen de politiques, de lois, de réformes, de programme d’alimentation scolaire et d’achats alimentaires, de subventions, d’investissements et d’activités de sensibilisation.

Les commentaires ont été constructifs et positifs, notamment concernant la nécessité d’élaborer des critères, des lignes directrices et des définitions communes de l’agriculture familiale aux niveaux national et régional afin d’appuyer et d’améliorer l’élaboration  des politiques et des statistiques. Les interventions ont également porté sur la contribution importante des femmes à l’agriculture familiale, la nécessité de rendre l’agriculture familiale économiquement attractive pour les jeunes, le besoin de mettre en place des plateformes de savoir en ligne sur l’agriculture familiale, et l’importance de lutter contre l’impact négatif d’Ebola sur les agriculteurs familiaux en Afrique de l’Ouest.

Quel est l’avenir de l’agriculture familiale?

Mme Villarreal a remercié les pays pour leur appui tout au long de l’année et les a exhorté à poursuivre leur action après 2014. «Les retombées de l’Année sont solidement ancrées dans les activités et le Cadre stratégique de la FAO», a-t-elle déclaré. Le Dialogue mondial sur l’agriculture familiale (DMAF) permettra de poursuivre les discussions, de faire le point sur l’élan créé et de tracer les grandes lignes d’un programme d’action en faveur de l’agriculture familiale pour l’après 2014.

Elle a également soulevé la question des définitions. «Quel type d’agriculture familiale ces politiques appuieront-elles?», a-t-elle demandé. Réponse: toutes sortes de modèles, des petites exploitations aux grandes exploitations familiales, «en comprenant que les contributions de chacune d’entre elles sont cruciales».

Il est essentiel de développer des critères communs pour mettre au point des définitions et des typologies précises concernant l’agriculture famille au niveau national et régional et créer une plateforme de savoir en ligne sur l’agriculture familiale, en vue de garantir des environnements propices au changement.

«L’agriculture familiale est liée aux cinq Objectifs stratégiques de la FAO et à diverses initiatives régionales», a ajouté Mme Villarreal. «L’agriculture familiale ne fait pas partie du problème mais fait partie intégrante de la solution pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Nous espérons que cela se reflètera dans les futures politiques de soutien aux agriculteurs familiaux».

Reconnaître l’importance de l’agriculture familiale

Le Comité a reconnu l’importance de l’agriculture familiale pour la sécurité alimentaire et la nutrition, la gestion des ressources naturelles et l’économie locale ainsi que la nécessité pour les États membres d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques, des programmes, des stratégies et des partenariats efficaces et spécifiques à cet égard.

Le Comité a également reconnu l’importance de mettre au point des critères communs pour élaborer des définitions et des typologies de l’agriculture familiale, ainsi que d’effectuer des analyses et de développer des indicateurs afin de mieux évaluer la situation actuelle et future des différents types d’exploitants familiaux.


Lire le document complet:
 Agriculture familiale: nourrir le monde, préserver la planète (COAG/2014/3)

Source: http://www.fao.org/family-farming-2014/news/news/details-press-room/fr/c/253733/

Année internationale de l’agriculture familiale 2014

L’Année Internationale de l’Agriculture Familiale-2014 est une initiative promue par le Forum Rural Mondial et soutenue par plus de 360 organisations de la société civile et de femmes et d´hommes agriculteurs, ainsi que d’institutions. Sa célébration dans le monde entier, déclarée para l’Assemblée Générale de l’ONU, vise à devenir un outil pour promouvoir des politiques actives en faveur du développement durable des systèmes agricoles de l’agriculture familiale, paysanne, indigène, coopérative et de la pêche artisanale.

fao_cle8b864d

L’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF) vise à rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l’éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales.

L’objectif de l’AIAF 2014 est de remettre l’agriculture familiale au centre des politiques agricoles, environnementales et sociales dans les programmes d’action nationaux, en identifiant les lacunes à combler et les opportunités offertes afin de favoriser la transition vers un développement plus équitable et plus équilibré. L’AIAF 2014 favorisera le débat et la coopération aux niveaux national, régional et mondial, pour faire mieux connaître et comprendre les défis qu’affrontent les petits exploitants et aider à identifier des moyens efficaces pour soutenir l’agriculture familiale.

Plus d’informations sur L’AIAF-2014 : http://www.fao.org/family-farming-2014/home/fr/