MONDEHOU Dandjèkpè, un agriculteur familial modèle pour les jeunes béninois

Il y a quelques semaines, j’ai effectué un voyage à but professionnel à Djakotomey, une commune au Sud du Bénin dont résident majoritairement les ethnies Adja. Préoccupé par la baisse de productivité du maïs dans la zone, j’ai décidé de faire une enquête auprès des producteurs de la zone pour en connaître les causes. Mon travail consistait à aller dans six villages dans six arrondissements pour s’entretenir avec quelques agriculteurs familiaux.

Le premier jour, je me suis rendu dans un village dénommé Houngbezanmè où j’ai décidé de rencontrer le chef du village pour les formalités. On me dirigea vers un homme vieux,  élancé et âgé de 65 ans. Il se nomma MONDEHOU Dandjèkpè. Après quelques échanges sur les objectifs de ma visite, il rentra dans sa chambre et sortit avec une médaille.

Médaille

Médaille

Découvrant pour la première fois cette médaille, je lui ai demandé ce qu’il lui a valu cela. Se rappelant comme hier les manifestations, il me dit qu’il a été pendant cinq ans le plus grand producteur du coton et du maïs dans sa commune.  Depuis 2000, il a emblavé plus de vingt (20) hectares  du coton et en produit 18 tonnes chaque année. Ce qui lui a permis d’être reçu par le président Mathieu Kérékou au palais de la république lors de la dixième Edition de la fête des paysans en 2004. Puis il a été reçu dans l’ordre du mérite agricole, une grande distinction nationale.

MONDEHOU Dandjèkpè, un paysan modèle au Bénin

MONDEHOU Dandjèkpè, un paysan modèle au Bénin

Aujourd’hui il a emblavé une superficie de quatre (04) hectares du maïs. Il dispose de plusieurs hectares de palmeraies, de teckeraies et des autres cultures. Il s’est marié à plusieurs femmes donc plusieurs enfants. Il dispose à son actif plusieurs hectares de terres dans la commune. Dévoué au travail, il a été encore reçu par le chef d’état actuel du Bénin, Boni Yayi.

Déjà tout petit, il accompagnait ses parents au champs. Dans sa jeunesse, il est entré dans les groupes d’entraide où  il persévère dans le travail. Ceci lui a permis de bâtir un grand réseau de travailleurs. Après la mort de son père, il a hérité ses terres comme ses frères. N’ayant pas les moyens pour emblaver toutes les superficies disponibles, il compta sur la main d’oeuvre issue du groupe d’entraide pour développer son champs d’une part et mobiliser la main d’oeuvre salariée auprès des migrants pour consolider son émergence. Aujourd’hui, il a l’estime de ces frères et sœurs. Il est devenu un homme respecté et respectable dans sa commune voire dans le département du Couffo.

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Publié le 26 août 2015, dans agriculture familiale, AIAF-2014., Partage d'expérience, Sécurité Alimentaire, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. C’est intéressant ton article. Mais je me demande si les jeunes sont vraiment intéressés par l’agriculture familiale. L’agriculture familiale (comme métier) n’est pas attractive et n’est même pas rentable économiquement. Avec les défis que nous avons à relever: sécurité alimentaire, valorisation des produits agricoles, emploi des jeunes, etc…, les Etats Africains en général et le Bénin en particulier, dans leurs politiques de développement agricole, doivent faire un choix entre Agriculture familiale et Agrobusiness.

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    • Merci Mr Roland pour votre contribution à mon blog. Nos pays africains ont leurs réalités qui sont différentes de celles des pays européens. Nous n’allons pas chasser les petits producteurs de leurs terres au profit des nantis ou des chinois ou expatriés. C’est plutôt chercher des moyens pour faire la promotion de cet type d’agriculture qui nous nourrit depuis des siècles. Les jeunes doivent s’inspirer des expériences des anciens pour corriger les faiblesses de ce système. Ce qui sûr, les jeunes ne peuvent plus cultiver la terre de la même manière comme Mr MONDEHOU. ils doivent vivre avec leur temps en utilisant plus la technologie dans l’agriculture. C’est mon point de vue. Je suis disponible pour le débat

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  2. Le problème c’est qu’on ne presente pas comment utiliser Di grow.les étapes d’utilisations de la pépinière du chou pommé jusqu’à la fin de la culture(récolte).merci!

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  3. Mr Romuald, Je comprends votre point de vue. Mon idée n’est pas de chasser les petits producteurs; mais plutôt d’encourager les jeunes à aller vers l’agrobusiness. Il est vrai que l’agriculture familiale a nourrit pendant des siècles les agriculteurs, mais force est de constater que ces agriculteurs sont toujours dans la précarité.Je ne conçois pas l’idée selon laquelle au 21ème siècle, il faut encore promouvoir ce type d’agriculture. Il est temps que nous changions de politique agricole. Les petits agriculteurs auront toujours un rôle à jouer mais avec le temps, ils céderont aux jeunes entrepreneurs agricoles. Pour finir, je suis contre la vente des terres agricoles aux expatriés. Une bonne politique agricole implique aussi une politique de gestion des terres agricoles.

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