Impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin

En participant à la 8ème édition de l’atelier scientifique national organisé par l’Institut National des Recherches agricoles du Bénin le 10 au 12 décembre 2014, une question m’est venue à l‘idée. Il s’agit de savoir le réel impact des changements climatiques sur l’agriculture familiale au Bénin. Je me suis entretenu avec quelques chercheurs nationaux sur le sujet. Je fais taire ici des théories et des modèles développés par ces derniers pour m’expliquer le sujet. Il ressort de ces discussions ce qui suit.

Dans le sud du Bénin, les changements climatiques se manifestent par à un déficit et un raccourcissement de la seconde saison pluvieuse; ce qui provoque une réduction des rendements agricoles et une diminution du taux de renouvellement de la couverture végétale. De plus les pluies du début de saison pluvieuse sont violentes et favorisent l’inondation et l’érosion sur les sols mal protégés. Autrefois, dans cette zone, nous avons deux saisons sèches et deux saisons des pluies qui rythmaient le travail de la terre.

Changements climatiques Credit Photo: www.aced-benin.org
Changements climatiques
Credit Photo: http://www.aced-benin.org

Aujourd’hui, les agriculteurs ont perdu ces repères saisonniers. Par exemple, ils avaient l’habitude de semer le maïs entre la mi-mars et la fin juillet et de le laisser sécher au soleil en septembre, lors de la petite saison sèche. Cette pratique n’a plus cours, car il pleut désormais en septembre, et cette pluie fait pourrir les récoltes dans les champs.

Dans le nord du Bénin, les changements climatiques se manifestent par une baisse de la pluviométrie qui réduit la seule saison pluvieuse qui caractérise la zone. La raréfaction des points d’eau fonctionnels et de l’herbe en saison sèche oblige les grands troupeaux à la transhumance, avec souvent d’importants conflits entre agriculteurs et éleveurs.

L’agriculture n’est pas seulement la victime du changement climatique, c’est aussi une source de gaz à effet de serre. La production agricole et animale est responsable de la majorité des émissions de méthane (bétail et terres humides, en particulier les rizières) et d’oxyde nitreux (application d’engrais). Les changements d’utilisation des terres comme la déforestation et la dégradation de sols – deux effets dévastateurs des pratiques agricoles non durables – relâchent de grandes quantités de carbone dans l‘atmosphère, favorisant ainsi le réchauffement de la planète.

Plusieurs possibilités existent pour s’adapter aux effets des changements climatiques. Il s’agit de l’adoption de cultures à cycle court, le réaménagement des calendriers agricoles, la pratique de semis tardifs et l’exploitation d’animaux d’élevage résistants à la sécheresse. Mais pour moi, l’agro foresterie est la solution. J’en développerai dans mon prochain billet sur les changements climatiques.

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